Presentació

En les dues darreres setmanes hem vist com Donald Trump és també capaç d’improvisar en política internacional, amb decisions reactives sense perspectiva estratègica, com en el cas de la intervenció aèria nordamericana a Síria (Fareed Zakaria). En tot cas,  caldrà seguir amb atenció com evolucionen les relacions entre els Estats Units i Xina, sobre les que Project Syndicate ha publicat un interessant dossier (Rana Mitter).

El retrocés de la democràcia liberal a favor dels règims postdemocràtics ha viscut un nou episodi amb el referèndum constitucional a Turquia, del que Erdogan no ha sortit del tot airòs, en obtenir una victòria no del tot concloent (Ilke Toygur).

La primera volta de l’elecció presidencial francesa del proper 23 d’abril es presenta amb una incertesa desconeguda: fins a quatre candidats tenen opcions de passar a la segona volta, tot i que Macron i Le Pen segueixen encapçalant els pronòstics: veure el recopilatori de sondejos de la Wikipedia ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_sondages_sur_l%27élection_présidentielle_française_de_2017) i, especialment,  l’enquesta de Cevipof/Ipsos per a Le Monde (https://www.enef.fr/données-et-résultats/ ). Pablo Simón ens ofereix un resum dels factors clau que intervenen en aquesta elecció i Dídac Gutiérrez-Peris s’aproxima al peculiar estat d’ànim de la societat francesa. També són molt clarificadores les anàlisis de Cloé Morin publicades al blog de la Fondation Jean Jaurès sobre les dinàmiques de la primera volta. Nosaltres hem seleccionat dos articles d’Alain Bergounioux i de Jean-Louis Bourlanges, publicats a Telos.  El títol de l’article de Bourlanges  es força expressiu de la delicada situació política francesa: “La folle élection”.

En aquest context d’impasse europeu, determinat per les eleccions franceses i alemanyes, Theresa May ha pres la inciaitiva tot convocant eleccions anticipades al Regne Unit  pel proper 8 de juny, amb el propòsit de legitimar el seu full de ruta del Brexit. Reproduïm  quatre anàlisis d’urgència de The Guardian, publicats en castellà a eldiario.es.

Per completar el panorama electoral europeu també hem seleccionat l’anàlisi de Carmen Chato, que publica Es Global, sobre les possibilitats de l’esquerra alemanya a les eleccions generals del proper setembre.

Les enquestes publicades en els darrers dies sobre la situació política espanyola (Metroscopia/El País, Celeste-Tel/eldiario  i Sociométrica/El Español) dibuixen un panorama relativament estable, susceptible però d’evolucionar a la vista del desenllaç de temes rellevants com el rebrot dels casos de corrupció del Partit Popular, les primàries del PSOE, la deriva de Podemos després de Vistalegre II i, no en darrer lloc, les vicissituds del procés independentista català.

Enric Juliana, sense embuts, titlla de sòrdida la situació creada per l’incessant descobriment de casos de corrupció que afecten el PP. Mentre, el PSOE s’endinsa en un procés de primàries del que difícilment en sortirà més unit i enfortit (Enquesta de Sociométrica, Ignacio Varela, Eduardo Bayón, Martín González/Eduardo Suárez). I Podemos aposta per insistir en la política-espectacle (Juan Cruz, Josep Ramoneda).

També la situació política catalana ha estat objecte d’indagacions demoscòpiques (Metroscopia/El País i GAD3/La Vanguardia), que apunten alguns canvis rellevants en la correlació de forces electoral: l’antiga CDC cedeix a ERC el primer lloc entre les forces independentistes, mentre que van a la baixa les expecattives electorals d ela CUP; d’altra banda, és previsible un increment moderat del vot al nou espai polític del comuns. A la vegada, es manté l’empat tècnic sobre la independència, però també es detecta la fatiga sobre un procés alq ue no es veu un final clar.

Sobre els canvis en el sistema polític català, reproduïm la conversa entre Joan B.Culla i Joan Marcet, arran de la publicació dels seus llibres -El tsunami i Auge y declive de la derecha nacionalista- que publica El País.

Sobre les més recents vicissituds del procés veure les opinions de Jordi Mercader, Kepa Aulestia, Francesc-Marc Álvaro i Antoni Puigverd.

Sobre el procés de constitució dels nous Comuns: Arturo Puente, Sergi Picazo, Jordi Juan i Guillem Martínez.

Completem aquesta selecció, amb un paper de Borja Barragué sobre la tensió que les desigualtats provoquen en els sistemes democràtics, publicat a Agenda Pública; i amb un assaig de Sheri Berman sobre les semblances i les diferències entre el feixisme del segle passat i la nova dreta  postdemocràtica, publicat a Letras Libres i que conclou així: “La lección para el presente es clara: no puedes ganarle a algo solo con nada. Si otros actores políticos no presentan soluciones más atractivas a los problemas del capitalismo, el atractivo popular de la derecha resurgente continuará. Y entonces la analogía con el fascismo y el colapso democrático de los años de posguerra podría resultar más relevante todavía de lo que es ahora”.

 

Alain BERGOUNIOUX, “La vertu, le bruit et la fureur …” a Telos (15-04-17)

http://www.telos-eu.com/fr/la-vertu-le-bruit-et-la-fureur.html

Nous vivons un « moment Mélenchon » comme le disent les médias. Faut-il en être surpris ? Cela avait été, pourtant, déjà le cas en 2012 dans les dernières semaines de la campagne. Il est vrai, à un niveau moindre, 14-15 % des intentions de vote, avant un résultat final moindre. Mais le niveau, aujourd’hui, est plus haut, 18-19 %. Il crée une incertitude sur les qualifications au second tour.

On en voit les causes clairement. Pourquoi la France ne connaîtrait-elle pas les mêmes phénomènes qui se produisent, parallèlement dans les Pays d’Europe du Sud, l’Espagne avec Podemos, l’Italie avec le mouvement « Cinq étoiles », la Grèce avec Syriza, le Portugal également ? Notre privilège, si l’on peut dire, est que nous éprouvons aussi une poussée forte de l’extrême droite. Il y a un terrain commun à tout cela, les fractures de nos sociétés, avec des inégalités trop fortes, sociales, culturelles, territoriales, avec des politiques qui ne paraissent pas avoir suffisamment de prise sur le réel et une colère contre la corruption, les « affaires », qui trahit un monde fait de connivences et de mépris de la loi commune. On ne dira jamais assez, de ce point de vue, le mal fait par François Fillon qui, par son attitude, a corroboré l’extrême défiance actuelle dans l’opinion vis-à-vis de la politique. La division des socialistes et leurs incertitudes, en France mais également en Espagne, a laissé place à une nouvelle offre politique, à gauche, qui reconstitue à gauche un néo-communisme, et crée un centre, avec le mouvement En Marche.

Jean-Luc Melenchon n’est donc pas là par un concours de circonstances. Il est temps de considérer avec sérieux ce qu’il propose et ce qu’il représente. Cette préoccupation est un peu trop tardive. Car les cartes sont sur la table depuis longtemps. Le programme de la « France insoumise », L’avenir en commun, est disponible depuis la fin de l’année 2016. Les essais, théorisant son positionnement, L’Ere du Peuple, Le Hareng de Bismark, Qu’ils s’en aillent tous, etc. depuis plus longtemps. Et peu ont mené des critiques argumentées prenant la peine de lire les textes. Henri Weber a été bien seul, chez les socialistes, pour mener cette confrontation.

Il est dit, souvent, que Jean-Luc Melenchon propose une « rupture », comme François Mitterrand en 1981. Il est vrai que le Président socialiste fait partie de son panthéon revendiqué. Et l’on peut, effectivement, retrouver, les éléments du Programme commun de gouvernement de 1972 et des « 110 propositions » de 1981 : nationalisations, planifications, autogestion sont des termes que l’on retrouve, peu ou prou, en écho dans la structure du programme. Il parle plutôt, cependant, aujourd’hui, de « pôles publics » et de « réquisitions d’entreprise », de « planification écologique », de « démocratie citoyenne ». Mais, en fait, ce qui est avancé est beaucoup plus brutal que ce qui était pensé dans les années 1970 et mis en œuvre en 1981. D’abord par la hausse massive de la dépense publique, au total environ 200 milliards d’euros. Alors que la « relance » de 1981 était d’un montant inférieur à celle pratiquée par Jacques Chirac en 1975… L’accroissement de la fiscalité n’a pas non plus de mesure commune (environ 85 milliards d’impôts nouveaux) avec celle de 1981. Et, surtout, François Mitterrand, et cela avant le dit « tournant » de 1983, était profondément européen. Il avait même joué de sa possible démission, en 1973, pour contraindre son parti, en pleine période du programme commun, à poursuivre la construction européenne. Or, là, avec Jean-Luc Melenchon, il s’agit bien, comme le souligne justement Benoît Hamon, de sortir effectivement de l’Europe. Car vouloir mettre dans la négociation avec l’Allemagne et la plupart des autres pays européens la fin de l’indépendance de la Banque Centrale européenne, c’est vouloir dire simplement qu’il n’y aura pas de négociations sérieuses… Et ne parlons pas de la politique étrangère, qui, après 1981, veillait à un équilibre, repris du Général de Gaulle, sans complaisance aucune envers Moscou, comme l’a montré l’intervention de François Mitterrand dans la crise des « euro-missiles », en mars 1983 : « Les missiles sont à l’est, les pacifistes sont à l’ouest ». Se revendiquer de François Mitterrand demanderait, pour le moins, de ne pas se contenter d’une image pieuse et de prendre en considération l’entièreté d’une action politique…

Mais cela Jean-Luc Melenchon le sait pertinemment. S’il propose des politiques qui s’inscrivent en faux contre l’essentiel de l’action de François Mitterrand, en tout cas, explicitement depuis 1983, c’est qu’il n’a pas ni les mêmes convictions politiques, ni les mêmes références idéologiques. Et, à côté de l’analyse concrète des 83 engagements, avec des centaines de mesures avancées, il vaut la peine de voir les fondements théoriques et culturels du « système » Melenchon. Il est composite, inévitablement, avec des apports différents au fil des années, mais il est tout à fait clairement structuré.

Le dernier livre récemment publié, De la vertu, en mars, offre une première clef de compréhension. Ce clin d’œil à Robespierre ne veut pas dire qu’il en fait un modèle. Mais il y a une conviction en commun – avec nombre des révolutionnaires de 1793 – que le « monde est radicalement neuf ». « L’histoire n’est pas notre code », disait Rabaut Saint Etienne… L’homme est, de part en part, un être social qui peut et doit reconnaître l’intérêt général. Cela explique la volonté de construire une « société vertueuse ». On connaît les apories historiques de ce constructivisme. Son intention humaniste incontestable (et il y a d’ailleurs de belles pages dans cet ouvrage sur la liberté de conscience, le droit à mourir dans la dignité, la fraternité, etc.) peut être (et a été) contredite par la volonté d’apprendre aux citoyens d’être vertueux malgré eux… l’autoritarisme n’est alors pas très loin face aux contradictions du réel.

Le second fondement des convictions politiques de Jean-Luc Melenchon vient – et ce n’est pas surprenant – du marxisme. De formation trotskyste, il en a la culture et en épouse la critique fondamentale du capitalisme. Il développe donc une triple dénonciation, aux sources mêmes de l’œuvre de Marx, avec une critique sociale, le scandale des inégalités, une critique morale, la condamnation de « l’argent-roi », une critique rationnelle, la mauvaise utilisation des forces productives, que les nécessités d’un développement durable aujourd’hui, ravivent. Il n’est, alors, pas surprenant que l’entreprise soit l’objet de la plus grande méfiance : il faut la surveiller, la contrôler, la ponctionner, voire la réquisitionner. L’ancien mirage d’une économie planifiée est, toujours, à l’arrière plan – sans qu’à aucun moment, dans ses livres, pourtant nombreux, Jean-Luc Melenchon n’ait fait l’inventaire raisonné des échecs de l’URSS, de la Chine de Mao ou plus proche de nous, du Cuba de Castro ou du Venezuela de Chavez qui a conduit à un pays riche à être, aujourd’hui, exangue… Au fond, c’est parce qu’il n’a jamais fait sienne la culture authentique de la social-démocratie européenne telle qu’elle s’est définie, à partir des années 1930, après la rupture fondamentale sur la question de la violence avec le communisme léniniste… et trotskyste. L’apport propre, en effet, de la social-démocratie a été de comprendre et d’expliquer que la démocratie politique et l’économie de marché ont deux légitimités propres et qu’elles doivent trouver un équilibre pour le bien même des sociétés. Leur bilan peut être, certes, critiqué, mais elle n’en a pas moins présidé aux sociétés les moins malheureuses dans l’histoire et la géographie humaine. Jean-Luc Melenchon a appartenu à un gouvernement socialiste, avec Lionel Jospin venu lui-aussi de la même organisation trotskyste, mais il n’a pas admis, comme son Premier ministre, au vu de l’histoire du XXème siècle, que le socialisme démocratique ne pouvait pas être un mode de production propre. D’où les nostalgies, qui peuvent séduire, parce qu’elles permettent de se venger du réel, mais qui en l’escamotant amène à de graves (et douloureux) mécomptes pour les peuples.

Mais, la troisième donnée – et peut être la plus importante actuellement – pour comprendre la stratégie de Jean-Luc Melenchon et sa force de séduction, est plus récente. Elle vient d’un populisme assumé et revendiqué politiquement. L’Amérique latine est à l’arrière fond. Les essais de Ernest Laclau et de Chantal Mouffe (voir, notamment Hégémonie et stratégie socialiste. Vers une politique démocratique radicale, 2009) inspirent Jean-Luc Melenchon comme Pablo Iglesias, la figure dominante de Podemos en Espagne. Il s’agit, recyclant des concepts gramsciens, de constituer un « bloc historique populaire », dépassant les notions de droite et de gauche, qui s’appuie sur les mobilisations sociales et culturelles. Il est illustratif que Jean-Luc Mélenchon n’utilise plus ces notions, à la différence de 2012 où il se présentait comme le leader du « Front de Gauche ». Il a réussi, aujourd’hui, à neutraliser les communistes, conscients pour beaucoup de leur marginalisation, et qui n’en peuvent mais, et à attirer une part de socialistes. Ce ne sont plus les partis qui comptent, mais le lien que crée le leader avec le mouvement. La stratégie suivie en Espagne, au moment des élections municipales, par Podemos, qui s’est fondu dans des alliances avec des associatifs, des écologistes, des communistes, est caractéristique. Evidemment, les contradictions ne sont pas minces et apparaissent assez rapidement dès que la question du pouvoir est réellement posée. Podemos s’est déchiré sur ce débat dans son dernier congrès de février 2017. La réalité démocratique de ces mouvements est, également sujette à caution. Les débats sont multiples mais la centralisation du pouvoir n’en est pas moins une réalité, comme le montrent tous les régimes d’Amérique Latine de ce type. Il s’agit  de conquérir les institutions pour les subvertir, en utilisant (vieille référence aux « journées » de la Révolution française) l’intervention populaire pour peser sur les élus et les révoquer si besoin est. La proposition phare du programme, L’Avenir en Commun, de convoquer immédiatement une Assemblée constituante, dès l’élection présidentielle achevée, dont on ne dit pas les objectifs, est caractéristique de cette ambivalence, réminiscence, des anciennes conceptions du « double pouvoir ».

Tout cela – malgré la part de « bricolage » idéologique que créent ces différentes inspirations – dessine, malgré tout, un « système » de pensée. On aurait tort de ne pas y consacrer le temps nécessaire pour la réfutation. Il y a, eu déjà, trop de légèreté, dans les années passées, à ne pas prendre au sérieux le débat idéologique et culturel, pour continuer les mêmes erreurs. L’appel à la « vertu » de 2017 ne doit pas cacher le « bruit et la fureur » de 2012…

Jean-Louis BOURLANGES, “La folle election” a Telos (20-04-17)

http://www.telos-eu.com/fr/la-folle-election.html

Les Français vivent un moment très particulier de leur histoire, celui d’une élection devenue folle. Comme si ce que les gens de l’Action française appelaient jadis le « bonneteau démocratique » menaçait de devenir la loi de la République.

Entre le 23 avril et le 7 mai, tout peut arriver en France. À la faveur d’un premier tour parfaitement aléatoire qui met aux prises quatre compétiteurs dont les scores se rapprochent dangereusement mais dont aucun ne paraît représenter beaucoup plus qu’un cinquième du corps électoral, se profile une finale mutilatrice qui risque, à l’heure du choix décisif, de laisser sur le bord de la route, quasiment hors circuit, une solide moitié du corps électoral. Que Marine Le Pen et François Fillon demeurent en lice et c’est toute la gauche, modérés et extrémistes confondus, qui se trouve exclue, une demi-France soudain hors jeu qui n’a d’autre pouvoir que d’arbitrer entre ce qui ne serait à ses yeux que la scarlatine et le choléra. Que ce soient en revanche les deux héros de la France populiste et extrémiste, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui sortent du lot, et c’est toute la France raisonnable et modérée, celle de la droite et de la gauche de gouvernement, qui disparaît des écrans radar du second tour et qui abandonne le terrain au face à face exclusif de la chimère et de la haine. De manière symétrique, un second tour à la papa entre Fillon, l’homme de la droite classique, et Macron, le porte-parole d’une gauche affable et assagie, si elle réjouirait l’âme des nostalgiques du bon vieux « quadrille bipolaire » cher à Maurice Duverger, n’en laisserait pas moins en chemin une France en colère, vindicative et mal dans sa peau, mais désormais sans doute majoritaire dans le pays. Seul un duel Macron-Le Pen permettrait de placer au coeur d’un débat de second tour à peu près significatif, la double opposition de la droite et de la gauche d’un côté, et des France de l’ouverture et de la fermeture de l’autre. Une chance sur quatre ! La pioche est incertaine.

Le résultat final risque de ce fait d’être quelque peu frustrant pour une large partie de nos concitoyens. Marine Le Pen serait battue dans tous les cas de figure. Elle ne tangenterait la victoire que dans une seule hypothèse, celle d’une confrontation avec François Fillon. C’est assurément une bonne nouvelle pour les amis de la liberté et de la raison. Mais ça n’en laissera pas moins sans boussole ni vraie représentation ce qui est devenu le premier parti de France. Jean-Luc Mélenchon, soutenu par trois Français sur cinq, devrait sortir largement victorieux d’un duel tant avec Marine Le Pen qu’avec François Fillon. Ce serait alors pour le pays l’embardée fatale, un basculement dans la chimère et l’irresponsabilité qui reléguerait dans un stérile exil intérieur l’essentiel des forces vives et raisonnables de la nation. On relèvera au passage la témérité des dirigeants et des journaux d’une droite obstinée à défendre en la personne de François Fillon ce qui est pour elle le plus vulnérable des candidats possibles. Seule l’élection d’Emmanuel Macron serait de nature à placer à la tête du pays une personnalité qui ne serait pas a priori rejetée par la moitié de la population. Et encore ne devrait il ce privilège qu’à son souci d’échapper non seulement à l’affrontement princeps de notre vie publique, l’affrontement droite gauche, mais aussi à toutes les prisons partisanes, PS ou LR, qui occupent – et défigurent? – le paysage politique traditionnel. Comme s’il fallait désormais être hors système pour être représentatif !

La déconstruction sauvage de la république gaullienne à laquelle nous assistons aujourd’hui trouve son origine première dans un décalage difficilement gérable entre le principe majoritaire qui préside sans partage à notre système électoral et l’irrésistible fragmentation de notre paysage idéologique et partisan. La balkanisation des cœurs et des esprits s’accommode de plus en plus mal du manichéisme institutionnalisé et de la confrontation bipolaire obligatoire.

Le système dans lequel nous vivons est doublement et impitoyablement majoritaire. Il l’est à la fois à la présidentielle et aux législatives. Et cette gémellité des modes de scrutin contribue puissamment à faire des secondes une simple réplique de la première. Un scrutin majoritaire, c’est un scrutin qui donne la victoire, c’est-à-dire tout le pouvoir, au candidat, arrivé en-tête, même si celui-ci n’est en fait vraiment désiré que par un tiers, un quart, ou même un cinquième (comme Chirac en 1995 et en 2002) des électeurs. Il y a donc un risque, inhérent au système, celui de faire élire un homme ou une femme qui, bien qu’arrivé en tête, soit rejeté par une très large majorité d’électeurs et ne dispose donc pas d’une légitimité suffisante pour diriger le pays. Imaginons que le mode de scrutin présidentiel ne comporte qu’un seul tour et qu’en 2002, au lieu d’arriver de talonner Jacques Chirac, Jean-Marie Le Pen fût arrivé en tête, il eût été élu Président de la République, alors même qu’il était rejeté, le second tour l’a montré, par plus de 80% de nos concitoyens. Ce risque est d’autant plus grand que le nombre de candidats de force comparable est élevé et que le vainqueur de la compétition ne recueille de ce fait qu’une fraction très marginale des suffrages exprimés.

Pour conjurer ce risque, on a inventé le scrutin à deux tours. Au premier tour, on vote pour le candidat selon son cœur, « on choisit ». Au second tour, on vote contre le candidat dont on ne veut pas, « on élimine ». Ainsi le vainqueur est il à la fois celui que le plus d’électeurs souhaitent, au premier tour, et celui que le moins d’électeurs rejettent, au second. Pour que ça fonctionne, il faut que le pays soit principalement divisé en deux camps, la droite et la gauche, qui disposent, l’une et l’autre, d’une certaine cohésion et qui sacrifient au second tour leurs divergences internes sur l’autel d’une solidarité supérieure avec leur camp. Le premier tour permet aux électeurs de chaque bord de désigner le candidat de leur camp qui affrontera au second tour celui du camp d’en face. À droite on choisissait, comme en 1981, entre le candidat du RPR et celui de l’UDF, par exemple Valéry Giscard d’Estaing ou Jacques Chirac ; à gauche on choisissait entre le socialiste, François Mitterrand, et le communiste, Georges Marchais. Au deuxième tour, on arbitrait entre Mitterrand et Giscard. C’était le « quadrille bipolaire » décrit par Maurice Duverger. Cela fonctionnait pour les deux types de scrutin, la présidentielle, bien sûr, et dans une large mesure, les législatives.

Aujourd’hui, toutefois, le système ne fonctionne plus. Il est détraqué. Pourquoi ? Cela ne marche plus car le pays n’est pas divisé en deux mais en trois ou en quatre : l’affrontement droite gauche n’a pas disparu mais il se double d’un affrontement tout aussi dur et potentiellement violent entre la France ouverte et la France fermée. Il oppose donc, d’un côté, la droite traditionnelle et le Front National, et de l’autre, l’extrême gauche de Mélenchon et la gauche libérale de Macron. Dans une telle configuration, le système électoral aboutit à un second tour qui ne joue plus son rôle, celui de permettre l’affirmation d’un authentique second choix, le choix d’un candidat qui, pour n’être pas celui de son cœur, n’en est pas moins quelqu’un avec qui on partage vraiment des valeurs et des attentes. Dans cette hypothèse, plus de la moitié de le la France se retrouve au second tour sans candidat dans lequel se reconnaître. Il y a bien un vainqueur mais, comme on l’a vu depuis vingt ans, il engage au plus un Français sur quatre et, cette fois-ci, on pourrait faire mieux encore : porter à l’Elysée un homme ou une femme des confins, un extrémiste qui serait regardé comme totalement illégitime par l’immense majorité de nos concitoyens.

Aux législatives, on peut avoir également des résultats erratiques et imprévisibles à la faveur de triangulaires (ou même de quadrangulaires) entre des partis profondément divisés, triangulaires ou quadrangulaires qui peuvent donner à l’un d’entre eux une majorité de rencontre démesurée en dépit d’une avance en voix limitée, et hasardeuse dans la mesure où elle dépend d’abord du nombre des compétiteurs en lice : il suffit d’être en tête au premier tour, pour rafler la mise.

La décomposition du système politique est à la fois la cause et l’effet du dérèglement du système électoral, mais peu importent les responsabilités respectives de la poule et de l’œuf : il y a péril en la demeure.

Les solutions ne sont pas évidentes car le mal réside dans la division, la fragmentation du pays et la décomposition du paysage politique et même du tissu social. Le mode de scrutin n’est que l’accompagnateur et, si j’ose dire, l’aggravateur, d’un malaise autrement plus profond.

Sur le plan parlementaire, les améliorations sont relativement aisées à concevoir. Il faut introduire une forte dose de proportionnelle dans le mode de scrutin législatif afin que toutes les grandes sensibilités du pays soient équitablement représentées à l’Assemblée Nationale. Il faut en même temps maintenir une prime majoritaire au parti et à la coalition de partis arrivés en tête afin d’inciter les partis de gouvernement à s’associer et à coopérer au lieu de se déchirer. Face à la proportionnelle, on brandit toujours la menace de l’instabilité et du retour à la IVe République sans voir que nos institutions arment fortement le gouvernement et le mettent en mesure de résister à l’Assemblée grâce, entre autres, au 49.3, au droit présidentiel de dissolution, au pouvoir réglementaire, et au vote bloqué. La Ve République peut encaisser le choc d’un retour contrôlé à la proportionnelle.

Pour ce qui est du scrutin présidentiel, le problème est autrement plus ardu. Il n’y a pas moyen de changer de régime électoral, sauf à remettre en cause le principe de l’élection directe par les Français, ce qui est difficilement concevable. Certes, un chercheur comme Michel Balinski a mis au point une formule particulièrement ingénieuse visant à substituer le classement des candidats à la brutalité du choix au profit de l’un d’entre eux. Ce système dit de « jugement majoritaire » aurait le grand mérite de prendre en compte les deux pulsions légitimes qui doivent guider l’électeur : le désir du candidat préféré et le rejet du candidat redouté. Malheureusement, le dispositif imaginé par Michel Balinski est infiniment trop complexe pour être compris et approuvé par l’opinion.

Reste alors l’option du rééquilibrage des pouvoirs au détriment du chef de l’État et au profit du Premier ministre et du gouvernement responsables devant le Parlement. Ce serait sinon la VIe République du moins la Ve bis. Comme en Autriche ou au Portugal où le président est là aussi élu au suffrage universel. Nous n’en sommes pas là, loin s’en faut, mais il y a fort à parier qu’une telle inflexion s’imposerait de facto si l’un des candidats les moins consensuels comme Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon devait accéder à l’ Élysée et ne disposait d’aucune majorité à l’Assemblée. La victoire de l’extrémisme serait ainsi l’instrument paradoxal d’un retour sauvage au parlementarisme. Étonnant, non ?

“Oportunismo ‘torie’ y encrucijada laborista: cuatro miradas sobre las elecciones anticipadas en el Reino Unido” a eldiario.es/The Guardian (18-04-17)

http://www.eldiario.es/theguardian/estrategico-Theresa-May-elecciones-anticipadas_0_634487281.html

La primera ministra británica, Theresa May, ha sorprendido este martes a la oposición y a los medios de comunicación con el anuncio de la convocatoria anticipada de elecciones en Reino Unido para el 8 de junio. May ha mencionado la negociación sobre el Brexit como el motivo principal de su decisión: “Con un Parlamento dividido no podemos afrontar las negociaciones con la UE. Necesitamos consenso”. Este es el primer análisis de los columnistas de the Guardian. 

Buenas noticias para los laboristas

Por Simon Jenkins

Habitualmente, cuando  un primer ministro convoca elecciones anticipadas tan solo dos años después de obtener la mayoría, es porque su situación es débil. Pero la de Theresa May no ha parado de reforzarse. El caso es que su gobierno está dominado por el Brexit. La fase de intentar convencer con el Brexit duro se está acabando y está empezando una fase más delicada de compromiso. La realidad es que habrá que “suavizar” el Brexit mes a mes.

Los tories a favor del Brexit duro, esos que raramente asisten a la cámara, están sin embargo preparados para socavar al equipo de May. Para inspeccionar desde el Parlamento las negociaciones día a día. May tampoco puede confiar en el apoyo de una oposición sumida en el caos, así que sus tácticas están en continuo riesgo. Necesitará todo el apoyo leal que pueda reunir. A esto se añade una indiscutible falta de legitimidad para llevar adelante políticas personales, como ha ocurrido con la iniciativa de los institutos segregados por nivel académico, que ya le está pasando factura al partido.

Si unas elecciones no pudieran mejorar la delgada mayoría de May, acudir a las urnas podría parecer imprudente. Pero con un liderazgo en las encuestas (publicadas el pasado fin de semana) en torno al 20%, unas elecciones son muy atractivas. sería imprudente rechazarlas. Aunque la respuesta de los ciudadanos a unas terceras elecciones en dos años será un grito de queja, al menos la campaña será corta.

Para los laboristas, las noticias son buenas. Unas elecciones bajo el mandato de Jeremy Corbyn serán, seguro, dolorosas. Pero para otoño, su  triste coqueteo con la izquierda obsoleta debería haber acabado. Entonces puede amanecer una nueva era bajo un nuevo líder.

Una decisión que responde a los intereses de May, no a los del país

Por Sonia Sodha

A pesar de las innumerables manifestaciones que hemos escuchado de Theresa May desde el pasado verano afirmando que no habría elecciones anticipadas, quizá la verdadera sorpresa es el tiempo que le ha llevado anunciar esta convocatoria. Cuanto más nos metemos en su liderazgo, más se complican las cosas. Se avecinan momentos económicos adversos: probablemente veamos cómo la inflación y el coste de vida siguen aumentando, dañando así los salarios.  Los hospitales continuarán luchando por superar la creciente demanda y veremos más historias sobre escuelas en circunscripciones conservadoras considerando soluciones drásticas como abrir solo cuatro días a la semana como resultado de los recortes presupuestarios.

Y cuanto más duren las conversaciones sobre el Brexit, más vulnerable será May frente a los euroescépticos intransigentes de su partido que afirman que no ha cumplido. La primera ministra acaba de comprar dos años extra antes de que se consulte al país sobre un Brexit negociado por ella.

Pero no hay que equivocarse, esta es una decisión tomada de acuerdo a sus propios intereses y no a los del país. May se ha enfrentado a muy poca oposición real por parte de un Partido Laborista que ha estado languideciendo en las encuestas durante los últimos meses. La única y triste pregunta que se hace el Partido Laborista es cuántos escaños perderá y en qué situación quedará Jeremy Corbyn. ¿Dimitirá u optará por aferrarse a su puesto —como ya ha hecho en el pasado—?

Una cosa está clara, estas elecciones no darán un mandato claro sobre las varias posibilidades para el Brexit: esto es imposible cuando las opciones son una primera ministra conservadora que ensalza el Brexit duro y un Partido Laborista que está completamente dividido en este asunto. La campaña electoral estará, sin duda, dominada por la retórica política de división de los últimos meses. Estoy impaciente.

May ha mancillado su propio estilo

Por Martin Kettle

Al hablar desde Downing Street, Theresa May parecía el presidente autoritario de Turquía, Recep Tayyip Erdoğan. Dadme la autoridad sin restricciones para hacer el Brexit como yo quiero, dijo. Cualquier intento de interponerse en mi camino es perturbador y frívolo. Así que dadme el poder para actuar en nombre del pueblo, contra cualquier interferencia del Parlamento. No es una comparación halagüeña. May ha mancillado su propio estilo.

May ha actuado como un primer ministro que puede convocar elecciones. Pero hay un problema, pequeño pero importante: no puede hacerlo. Debe atenerse a la Ley de Mandato Fijo Parlamentario, aprobada por la coalición. Esto significa que necesita que el Parlamento vote mañana una disolución, por una mayoría de dos tercios. Esto significa, a su vez, que la oposición, si quiere, puede detener estas elecciones.

Pero eso no sucederá. El Partido Liberal Demócrata, con sólo nueve escaños, votará a favor de la convocatoria a elecciones con la esperanza de agrandar su base en el Parlamento. El Partido Nacional Escocés también votará a favor. La posición del Partido Laborista es crucial. Pero como Jeremy Corbyn está preparando al partido para la posibilidad de elecciones anticipadas desde su triunfo de septiembre de 2016, es improbable que se oponga, sin importar el daño que estas elecciones le puedan hacer al Laborismo.

Y una cosa más. Unas elecciones el próximo 8 de junio serían elecciones con las limitaciones actuales, eligiendo a 650 parlamentarios con mandato, en principio, hasta 2022. Uno de los efectos de menor envergadura de esta decisión es que todo lo que han hablado los conservadores y los laboristas sobre la retirada de sus parlamentarios quedará en la nada de un plumazo.

Nunca pensé que sentiría pena por Jeremy Corbyn, pero eso siento hoy

Por Matthew d’Ancona

El discurso de Theresa May fue sorprendente por muchas razones, pero principalmente por dos. Primero, llama la atención que haya hablado sin reparos en primera persona, como si no quisiera dejar lugar a dudas de que estas elecciones generales anticipadas servirán para decidir sobre su autoridad personal, tanto dentro del Gobierno como en las negociaciones con la UE.

Segundo, dijo más de una vez que tomó la decisión con “renuencia”. Con esto no impedirá que la oposición le acuse de dar un giro de 180 grados, lleno de cinismo y por razones puramente políticas. Pero, de todas formas, le creo.

La primera ministra sencillamente no tiene la espontaneidad en su ADN. A ella le gusta lo que su equipo llama “políticas consultivas y deliberativas”, es decir, procesos organizados, planificaciones, evaluaciones pacientes. Le molestan los que improvisan, los aventureros del Parlamento que no se preparan con tiempo y no hacen los deberes.

Así que debe haber hecho falta convencerla de llegar a este punto. Pero hay momentos en que la lógica inexorable vence a los mejores planes. La posición del laborismo en los sondeos es mala, a nivel histórico. Los conservadores están gobernando con una mayoría peligrosamente estrecha, una posición débil para negociar con los 27 países de la UE de los que nos vamos a separar. Si no se hace ahora, ¿entonces cuándo?

Evidentemente es una opción inteligente convocar elecciones anticipadas que pueden resultar, según las esperanzas de May, en un gobierno conservador más fuerte que legitime la autoridad de la primera ministra. Una victoria así eliminaría la posibilidad de un segundo referéndum y cerraría la discusión sobre si el electorado realmente quiere salir del mercado común. Estas elecciones serían una validación de May, de su versión del Brexit y de su visión del país. Nunca pensé que sentiría pena por Jeremy Corbyn, pero eso es lo que siento hoy.


Carmen CHATO, “¿Tiene oportunidad la izquierda en Alemania?” a
Es Global (10-04-17)
https://www.esglobal.org/oportunidad-la-izquierda-alemania/

Los alemanes deben decidir en los próximos meses si siguen con una política continuista o si cambian el rumbo político del país. ¿Cuáles son las opciones de los partidos de izquierda en Alemania?

Alemania será la última de las potencias económicas de la Unión Europea en acudir a los colegios electorales en este año 2017. Tras Holanda y Francia, los 61,5 millones de alemanes que pueden ejercer el voto podrán decidir entre dar la reválida a Angela Merkel o apostar por un cambio.

Los democristianos de la CDU buscan un cuarto mandato que haría que la canciller estuviera en el poder hasta 2022. Sin embargo, aunque en las encuestas de intención de voto se mueve en torno a un holgado 35%, políticas como la migratoria y la crisis de refugiados o la económica, con una bajada del crecimiento de la economía, están suponiendo un quebradero de cabeza para las aspiraciones de una Angela Merkel que ha gobernado desde 2005 de manera ininterrumpida. Mientras, el partido de corte racista y eurófobo Alternativa por Alemania (AfD, en sus siglas en alemán), que irrumpió en la arena política en 2013, muestra en las encuestas que hasta un 10% de la población estaría dispuesta a apoyar su discurso xenófobo.

El horizonte de las elecciones federales se perfila en un lejano 24 de septiembre. Ante ellas, las opciones reales que la izquierda tiene para ocupar escaños en el Bundestag son las tradicionales: el Partido Socialista (SPD), la Izquierda (Die Linke) y Los Verdes (Die Grünen). ¿Cuál es su posición de salida?

Schulz, ¿esperanza para la socialdemocracia europea?

Aunque Martin Schulz no es ni mucho menos un desconocido de la política alemana, su regreso a la arena nacional ha producido desde una eclosión entusiasta hasta un recelo causado por su posible desconexión de la agenda local. Desde 1994, año en que fue por primera vez elegido para ocupar un escaño en la Eurocámara, el político alemán ha desarrollado su carrera profesional en Bruselas, ocupando en los últimos años (2012-2016) la presidencia del Parlamento Europeo (PE). Como uno de los máximos representantes de la Unión, se ha fraguado una imagen de hombre europeísta, de consenso y defensor de la justicia social como enfoque necesario para salir de la crisis que azota a Europa desde varios frentes. Una imagen pública que se refuerza cuando su historia personal aflora para apoyar el storytelling político. Europeísta convencido, refuerza esta idea con el hecho de que se criara en Würselen (Renania), ciudad alemana a escasos kilómetros tanto de la frontera holandesa como de la belga. Allí, un joven Schulz sin estudios abrió una librería y se centró en superar sus propias crisis. Afiliado al SPD desde los 19 años, se dedicó a la política municipal primero como concejal y luego como alcalde, convirtiéndose en uno de los más jóvenes de Alemania, antes de levantar el vuelo y apostar por Europa.

Cuando en noviembre del pasado año anunció que no se iba a presentar a una tercera elección para el PE (es el único presidente que ha estado cinco años en el cargo), este movimiento se consideró como el paso previo para volver a jugar en casa, veinte años después de abandonarla. El “efecto Schulz” es, a estas alturas de la carrera hacia el Bundestag, un término recurrente en el análisis mediático de este nombramiento. Y no es para menos puesto que está consiguiendo acercarse, al menos en la intención de voto, a la canciller Merkel. Con poco -o casi nulo- desgaste en la política doméstica, Martin Schulz parece estar llamado a ser el líder que reflote el socialismo alemán y la socialdemocracia europea. Un llamamiento que se ve reforzado no solo en esta nominación sino también en su elección para ser el presidente del SPD, apoyado por el 100% de los afiliados, una circunstancia novedosa en los 153 años de la socialdemocracia alemana.

Pero, a pesar de este expediente sin aparente borrón, Martin Schulz va a tener que hacer frente a una dura travesía, no solo con el CDU como rival natural, sino también dentro de sus propios votantes como opción que se sitúa más cercana al centro dentro del espectro de izquierdas.

En busca del tiempo perdido

Schulz va a tener que lidiar con una crisis de identidad del SPD y recuperar a los votantes que abandonaron el apoyo a la formación para apostar por alternativas como Die Linke (La Izquierda). Una época compleja que comenzó en 2005 con la derrota de Gerhard Schröder y su tercera vía, aquella que se postulaba entre el neoliberalismo y el socialismo clásico. Al igual que otras formaciones de centroizquierda europeas, el declive de los apoyos al SPD vino acompañado por luchas de poder internas, teniendo la formación hasta seis dirigentes distintos. En estos años, la estabilidad de la CDU se fue asentando con la figura de líder fuerte personalizada en Angela Merkel, única dirigente del partido democristiano en este mismo periodo de tiempo.

Además de esta falta de liderazgo, Schulz tiene también que enfrentarse a la herencia de la controvertida Agenda 2010, paquete de medidas que fueron el comienzo del fin del canciller Schröeder. Lo que sus detractores llaman “socioliberalismo”, esta agenda se puso en marcha en 1998 para hacer frente a la globalización y al nuevo mercado laboral surgido de este nuevo orden económico, político y social. La apuesta estrella del por entonces líder del SPD se saldó con una oposición feroz de los sindicatos y de los sectores más a la izquierda del partido, que denunciaron un endurecimiento de la legislación laboral que desembocó en una precarización de los empleos, una presión desmesurada sobre los desempleados y una liberalización del mercado laboral. Sin embargo, sus defensores afirman a día de hoy, que gracias a estas reformas Alemania pudo sortear mejor la crisis de 2007 y afrontar la Gran Recesión de una manera más competitiva que sus vecinos europeos.

Sea como fuere, Martin Schulz es consciente de que esta “Agenda 2010” alcanza la definición de tabú entre los socialistas alemanes y, aunque considera que algunos puntos de esta se pueden recuperar para su revisión, lo cierto es que se muestra distante de las propuestas de sus antecesores. Así, el nuevo líder y candidato del SPD defiende, al menos en precampaña electoral, un programa político de talante social que incluye la implementación de impuestos que sean favorables a la familia, la igualdad para el matrimonio homosexual o la desaparición de la brecha salarial entre hombres y mujeres.

La coalición de izquierdas

A pesar de este bagaje, las encuestas son favorables al SPD, algo impensable hace unos meses cuando todavía Schulz desempeñaba la presidencia del Parlamento Europeo. Al frente del partido, el ex librero ha conseguido que este se sitúe cada vez más cerca de la CDU de Merkel, con porcentajes de intención de voto que se igualan en torno al 32%.

Ahora el dilema estaría si el SPD, batiendo sus marcas recientes de popularidad, apoya o pacta con la CDU, apostando por una coalición que buscara la estabilidad del bipartidismo en el gigante europeo o si por el contrario se decide por la colación roja-roja-verde, esto es, con Die Linke, que acapara cerca del 8% de los posibles votos, y Die Grünen, otrora formación pionera del ecologismo europeo y cuyo apoyo se muestra a la baja, a cada encuesta, con apenas un 6%. No es nuevo, aún así, que ambas formaciones de izquierda no sean consideradas como una opción mayoritaria en el Bundestag. De hecho, la alianza izquierdista de Die Linke -nacida en 2007 y promovida, entre otros, por el disidente del SPD Oskar Lafontaine- es la heredera de partidos radicales y extremistas de las dos repúblicas prerreunificación. En 2013, obtuvieron 64 escaños, pero han tenido momentos muy bajos como ya pasó en 2002 cuando solo consiguieron 2 representantes en el Parlamento. Además, las salidas de tono de algunos de sus dirigentes, sobre todo en las críticas feroces a la política migratoria de Merkel en la crisis de refugiados y que tildan de demasiado aperturista, le ha costado a la formación un pequeño, pero constante, debate interno. A su vez, la canciller ha devuelto el boomerang comparándolos con la radicalidad y xenofobia de Alternativa por Alemania.

Por su parte, Die Grünen busca volver a tener un nicho electoral claro. El partido, que nació al calor de los movimientos pacifistas, ecologistas y antinucleares de los 70 y que tuvo a la emblemática Petra Kelly como símbolo y líder, ahora ve como los puntos principales de su ideario los absorben partidos como la propia CDU. Las políticas regulatorias de las nucleares tras Fukushima, la política energética del “Energiewende” o el debate abierto sobre la igualdad de género se tamizan en la forma y el fondo, pero hacen que Die Grünen pueda empezar a ser visto como un partido perteneciente a otra época. Las disidencias internas, con críticas a Joshka Fisher y su reconversión en “hombre del sistema”, no ayudan a que este partido (cuyo pico de representación fueron los 68 escaños federales obtenidos en 2009), recopile más apoyos que los de sus incondicionales.

Si es tiempo o no de un cambio de rumbo de la política en Alemania, solo lo pueden decidir los alemanes con sus votos cuando la empresa de Martin Schulz y el SPD se presenten al examen de las urnas. Por el momento, es la opción conservadora la que han elegido los habitantes del Sarre en los comicios regionales y que supone el 1% del censo electoral alemán. Allí, el partido de la actual canciller ha recibido el 41% de los votos, mientras que el SPD se ha desinflado, respecto a las perspectivas nacionales, con un 30% de apoyo. En septiembre se verá si Alemania apuesta por una nueva etapa o si por contrario, el continuismo pragmático de la CDU con Merkel se impone.

Enric JULIANA, “La sordidez que no cesa” a La Vanguardia (20-04-17)

http://www.lavanguardia.com/politica/20170420/421852322651/la-sordidez-que-no-cesa.html

Ignacio González fue uno de los más feroces adversarios de Mariano Rajoy en la primavera del 2008. Después de perder por segunda vez ante José Luis Rodríguez Zapatero, a Rajoy le querían echar. Coaguló durante unos meses en Madrid un frente de rechazo capitaneado por Esperanza Aguirre, tutelado por José María Aznar, jaleado por Pedro J. Ramírez y Federico Jiménez Losantos, asistido espiritualmente por el cardenal Rouco Varela. En ese mejunje estaba Ignacio González, entonces número dos de la Comunidad de Madrid. Fue él quién más se encaró con Rajoy en algunas reuniones del comité ejecutivo del partido. González ya era entonces un hombre poderoso en Madrid. Tenía en sus manos resortes acaudalados. Tenía en sus manos el Canal de Isabel II, la ubérrima sociedad de aguas de Madrid. Rajoy logró resistir. Resistir, resistir, resistir. La crisis económica puso el Gobierno de España en sus manos y las tornas cambiaron. Rajoy había ganado la partida a la derecha castiza de Madrid.

En otro momento, la detención del siniestro González habría significado un alivio para el presidente del Gobierno. Ahora, le complica la vida. El resistente Rajoy ha mejorado su posición en la Unión Europea, tiene el pleno apoyo de alemanes y franceses, la economía crece en las estadísticas, la aprobación del presupuesto del 2017 parece posible, el PSOE sigue noqueado y el soberanismo catalán podría llegar a perderse en el interior de su propio laberinto. El lunes de Pascua, cuando Madrid volvió a ponerse en marcha, la única oposición era el autobús de Podemos.

En tres días la dirección del viento ha cambiado. Los jueces deciden que Rajoy preste declaración como testigo del caso Gürtel y el cadáver político de Ignacio González irrumpe con estrépito. El relato del Partido Popular está arruinado. El PP no logra salir del marco de la corrupción. Sus agarraderos son la demanda de estabilidad que viene de Europa, la inanidad del PSOE y el laberíntico jaleo de Catalunya. Madrid olía ayer a azufre, como en otoño del 2014, cuando se destaparon las tarjetas black. Un enfado cósmico recorre de nuevo España, sin que nadie esté en condiciones de articular una moción de censura en el Congreso. El autobús de Podemos domina el paisaje y la candidatura de Pedro Sánchez no es una broma.

Conversa entre Joan B.CULLA i Joan MARCET al “Quadern” de El País (13-04-17): “Política: treballs de reforma”

http://cat.elpais.com/cat/2017/04/12/cultura/1492030588_963707.html

És només un símptoma de la situació en què es troba la política, però quin símptoma. Preguntat Joan Marcet —21 anys de diputat al Congrés sobre les seves espatlles, més de tres com a vicepresident— sobre si s’atreviria ara a fer carrera de (suposat) servidor públic, la seva resposta no deixa espai a l’equívoc. “No”. És meridià. Han canviat els temps, han canviat els partits. “Abans havies pres consciència i t’anaves a afiliar a una ideologia. Avui en dia, afiliar-se a un partit polític és un acte d’heroisme”. Mentre que Catalunya viu el moment més enrevessat de la seva història moderna, pendent de si es farà una pregunta, l’activitat política no passa pel seu millor moment. L’última enquesta del Centre d’Estudis d’Opinió de la Generalitat revelava “la insatisfacció amb la política i els polítics” com el principal problema per als catalans, malgrat l’atur i les seves 558.000 víctimes al Principat (dades de l’EPA del quart trimestre del 2016).

Joan B. Culla i Clarà no és gaire més optimista. “Quan veus gent jove que s’afilia els has de dir chapeau o pensar que busquen feina, perquè els partits s’han convertit en una carrera laboral, en una sociedad de socorros mutuos”, explica aquest historiador que va disseccionar en sengles llibres Unió Democràtica, el Partit Popular i Esquerra Republicana, i que, recentment s’ha atrevit a sintetitzar el tumultuós canvi de l’ecosistema polític català en el que ha denominat El tsunami (Pòrtic). Davant seu, Marcet estrena també obra, Auge y declive de la derecha nacionalista (Catarata). En el seu cas se centra en un partit, Convergència Democràtica, potser una mitjana aritmètica del que han patit els vells partits: entre la jibarització del PSC i la desaparició d’Unió. Tots dos títols es trepitgen com aquesta conversa que mantenen en un despatx de la Universitat Autònoma de Barcelona, d’on són professors. Intenten aportar llum al que ha succeït en un horitzó partidista difícil de reconèixer i de futur encara més incert.

No és només una qüestió de percepció ciutadana que mostren els sondejos a peu de carrer. Només es tracta d’apropar-se a algunes de les seus on es va cuinar la Catalunya contemporània i trobar-se el cartell de “rehabilitació integral”, “en reformes” o el d’“en venda” i començar a brollar preguntes.

Pregunta. Comparteixen l’opinió que els partits tenen una funció ara d’aixoplugar gent que té intenció de viure de la política. Això ha allunyat la gent?

Joan Marcet. Tal com estan considerats per la ciutadania i tal com veiem la seva estructura i utilització, es fa molt més difícil aquesta inèrcia d’afiliació a una opció política, sigui la que sigui. Les funcions que complien històricament els partits s’han anat difuminant i la seva gran funció s’ha convertit en el reclutament de personal.

Joan B. Culla. Repasses determinades biografies i veus que aquesta gent no ha tingut una carrera professional aliena a la política. És inquietant. Què faran si perden el paraigua de la política? Mostra l’esclerosi del sistema de partits. Hi ha gent que busca protecció, perquè, malgrat que no surtis en una llista electoral, alguna cosa et buscaran.

Pregunta. I a la vegada, els partits s’han convertit en paràsits de les administracions públiques?

J.B.C. Sí, s’han transformat perquè han anat parasitant, colonitzant, les administracions. El PSC desembarca el 1979 als ajuntaments que venien del franquisme, i que tenien unes estructures petites, amb un nombre de funcionaris limitat. Aquestes estructures comencen a créixer. Convergència arriba el 1980 a una administració, la Generalitat, que no era res. Doncs és això: els uns i els altres fan créixer les administracions, cosa que permet la colonització partidista, col·locant milers i milers de persones, amb què es creen unes xarxes clientelars. I quan va haver-hi canvis de governs, doncs determinades estructures es van doblar per col·locar els seus.

J.M. A diferència dels països amb tradició democràtica, els partits van anar consolidant i canviant la visió de l’Administració i es va defugir de construir una estructura reglada.

Pregunta. La gent de carrer s’ha hagut d’adonar de tot plegat. Com ha influït aquesta utilització de les institucions públiques en la desafecció i en el canvi del sistema de partits?

J.B.C. No em sembla determinant la desafecció. La cultura sociopolítica ho té tan interioritzat des de fa més d’un segle que ningú diu ja “Quin escàndol!”. Potser entre les joveníssimes generacions és diferent.

J.M. A mi em sembla que tampoc aquest procés genera desafecció. Això també passa amb l’empresa privada. En els últims vuit anys aquesta forma de saltar a l’Administració s’ha frenat i s’han objectivat els criteris per entrar, cosa que ha aturat la cultura de col·locar la gent pròpia.

Pregunta. Quins són els motius d’aquesta gran explosió que ha canviat del tot el tauler d’escacs, doncs?

J.M. Evidentment n’hi ha diversos. Però dos són fonamentals. Un és l’entrada en la crisi econòmica, que comporta una crisi social i una crisi política, que en el cas de Catalunya està situada en l’entorn de tot el que anomenem el procés. Ha incidit sobre tots els partits polítics. Després hi ha hagut altres elements. Als socialistes, per exemple, els ha marcat la crisi de la socialdemocràcia.

J.B.C. Comparteixo aquestes dues explicacions globals, però com a número dos i número tres. Per a mi, la primera raó és molt més genèrica, i no és altra que el desgast, la fatiga de materials, que té a veure amb la corrupció i que ha afectat sobretot els dos partits que des de 1977 i 1980 han tingut un paper cabdal de paret sustentadora de l’edifici: PSC i CiU. En una màquina, les peces que es desgasten més i que s’han de substituir són les que treballen més. Si mires Iniciativa, el PP o ERC, no han sofert cataclismes.

Pregunta. Catalunya sempre ha tingut un sistema més atomitzat. Però, tot i tenir els ous més repartits per cistelles, ha viscut en cinc anys una destrossa total.

J.M. El rush final és l’aparició d’aquesta proposta que es diu procés, que incideix en cadascun dels partits.

J.B.C. Sí, el terreny ja estava estovat per unes pluges torrencials i per uns huracans que són les primeres causes.

J.M. Alguns situen, crec que de forma errada, l’inici de tot en la sentència del Tribunal Constitucional que retalla l’Estatut, però ja portàvem unes etapes importants. El procés de radicalització de Convergència és anterior, perquè ja hi ha hagut una etapa duríssima, entre el 2000 i el 2004, d’un senyor que es deia José María Aznar, que anava a destrossar tot allò que es mogués. Després, s’obren escletxes en l’etapa 2003, que comença amb el Govern del Tripartit i la reforma de l’Estatut, i això semblava que ho apaivagaria, però l’esclat de la crisi ja ho acaba d’ensorrar tot.

J.C.B. Si ens posem a buscar els orígens d’aquesta radicalització que desembocarà en el procés, podem dir que José María Aznar va ser una gran fàbrica d’independentistes. Un cabreig que a la tardor del 2003 explica en gran mesura la derrota de Convergència.

J.M. Convergència havia estat aliada des del principi i fins i tot quan no tenia cap necessitat, perquè el PP tenia majoria absoluta. Ells sí que necessitaven el PP, i aquell va ser el problema.

J.B.C. El moment en què Convergència és enviada a l’oposició, pel Pacte del Tinell, s’afavoreix la seva radicalització, perquè qui està al Govern llavors és Esquerra.

J.M. I es comença a veure la competència per espais polítics en bona part coincidents: els de CDC i una Esquerra que ha començat a créixer. Això facilita un intent de recuperació d’espai, que és quan Mas comença la seva proposta de Casa Gran del Catalanisme, del dret a decidir…

J.B.C. Està set anys fora del Govern i ha estat desallotjada per ERC. La reacció de Convergència és: per evitar que se’ns mengin amb l’argument que els convergents som uns tebis en matèria de catalanisme, hem de girar el to. No sabem què hauria passat si CDC hagués continuat governant amb ERC.

J.M. Els precedents dels anys vuitanta són el contrari: la fagocitació d’ERC per part de Convergència.

J.B.C. Jo sostinc que la decisió estratègica de la cúpula d’ERC de dir que han de pactar amb el PSC i Iniciativa si sumen es decideix dos anys abans de les eleccions.

J.M. Els set anys a l’oposició de CDC serveixen per recautxutar el partit a l’oposició amb uns elements nous.

J.B.C. Llavors, les restes del roquisme, si se’n pot dir així, comencen a rondinar i…

J.M. I diuen que s’està anant per un camí que no és el seu. Com Lluís Recoder [exalcalde de Sant Cugat del Vallès i exconseller de Territori i Sostenibilitat de la Generalitat], que acaba plegant veles.

Pregunta. Com afecta la imposició de l’eix nacionalista per carregar-se el sistema de partits?

J.M. És evident que afecta. Sempre hi ha hagut dos eixos. Alguns partits han apostat perquè l’eix important fos el d’esquerra-dreta, i altres han preferit l’identitari. CDC ha buscat mantenir l’ambigüitat en l’eix ideològic.

J.B.C. Durant molts anys va ser un gran èxit de CDC. Crec que, amb la irrupció del procés, l’hegemonia del procés s’ha imposat clarament, però a CDC també li ha portat conseqüències molt negatives, perquè abans es podia moure en l’ambigüitat de l’eix ideològic: som de centredreta, de centreesquerra, liberals. Això li permetia aplegar centenars de milers de vots que no eren ni nacionalistes. Quan l’eix identitari es radicalitza i passa de ser catalanista-espanyolista a convertir-se en independentista-unionista, aquests centenars de milers de votants que apostaven per CDC com a partit d’ordre se’n van. I ara un dels problemes del seu successor, el Partit Demòcrata Europeu Català (PDeCAT) és que un partit que vulgui ser a la vegada d’ordre i independentista és una contradicció immensa. La demanda més subversiva que ha pogut haver-hi a Catalunya és la independència. És molt difícil construir un discurs i un marc ideològic amb aquesta pretensió.

J.M. La mateixa existència de Ciutadans ve donada per l’existència d’aquest eix identitari, i no per l’ideològic. Són un exemple d’haver sorgit trobant un discurs de contraposició.

J.B.C. Ciutadans neix com una escissió del PSC, més que altra cosa. Són una sèrie d’intel·lectuals, entre cometes, que constaten que el Govern de Pasqual Maragall fa una política identitària igual o més contundent que la de CDC.

J.M. En aquest nucli inicial havien dipositat les seves esperances que el PSC refaria bé aquest terreny. Però ni el PSC del Maragall ni l’orgànic volen fer aquest paper. I alguns surten del PSC i altres es recullen a Ciutadans.

Pregunta. I la CUP també s’explica per l’eix identitari?

J.M. Ui! La CUP és més complicada.

J.B.C. La CUP és l’emergència a la superfície, tot i que ja existia com a sopa de sigles barallades entre si i autoanomenades l’esquerra independentista.

J.M. Però allò s’ha anat estenent amb base municipal, amb gent del món de la Catalunya interior que han vingut a fer-se intel·lectualment a Barcelona i que després tornen, cosa que no havia passat mai.

J.B.C. La CUP comença a arrelar a les municipals del 2007, l’any següent que ERC fes el segon Tripartit, que per als votants d’ERC és molt més difícil de pair que el primer, bàsicament pel factor Montilla. No és tan fàcil fer president José Montilla que Pasqual Maragall. Però hi ha moltes altres raons: esquerranisme, anticapitalisme… És una mica l’efecte Podem en el conjunt de l’Estat.

Pregunta. I arribem als comuns…

J.M. Es planteja de quina manera buscar un recanvi en l’alternativa d’esquerres de Catalunya. La creació d’aquest partit té un avantatge, que és un lideratge fort d’una persona com és Ada Colau, dotada d’un olfacte i un carisma que no es veuen avui dia. En un primer moment eludeixen el tema independentista sortint per la tangent: amb la reivindicació del dret a decidir per a tot.

J.B.C. Sí, sorgeix sobretot per l’eix ideològic, però no es pot ignorar l’altre eix, l’independentista. I la Colau té un aparador formidable, que és l’Ajuntament de Barcelona, per sortir-se’n.

Pregunta. El sorgiment dels nous partits pot tenir a veure que en temes de corrupció, per exemple, els partits clàssics s’han anat amagant les vergonyes entre ells, tot i el discurs públic…

J.B.C. Parlant de corrupció com a fórmula de finançament irregular de partits, ningú pot anar a mort contra ningú perquè dels grossos tots han pecat. Quan va esclatar el cas Filesa, després d’una trobada amb Miquel Roca, li vaig preguntar: “Fareu gaire sang al Congrés?”. I se’m queda mirant i em diu: “Gens ni mica”. Em va sorprendre la seva rotunditat.

J.M. El PSC ha purgat una cosa que no el beneficiava directament, que era el PSOE. Les altres coses que apareixen d’aquest partit ja són personals, el cas Bustos, Bartomeu Muñoz… En canvi, en el cas de CDC arrosseguem massa anys aquest rum-rum, aquesta sospita que hi ha un finançament irregular.

J.B.C. Quan un representant del PP li demana explicacions a Mas pel cas Palau, Mas ho té tan fàcil com un nen de dos anys. No sé si el PP és gaire enèrgic amb la corrupció de CDC, però no podria dir gaire cosa.

EL PUJOLISME I EL MARAGALLISME, ELS ÚLTIMS MOVIMENTS

En la mesura que els partits s’han anat aprimant, han perdut l’esforç de fer equilibris interns. I les noves formes de la política, que s’han jugat més a les pantalles de la televisió que a les places i els mercats, han afavorit els hiperlideratges. Des de Felipe González a Jordi Pujol.

J.M. Pujol és l’únic que fa per crear un moviment polític que superi el partit. El pujolisme anava més enllà de les estructures de partit.

J.B.C. I va funcionar. Hi ha molta gent que era pujolista però no del partit.

J.M. Pasqual Maragall també superava les fronteres del partit, però no és comparable.

J.B.C. Crec que la diferència principal entre el pujolisme reeixit com a moviment i el maragallisme no reeixit és que Pujol, que ha parit CDC i la controla totalment, no troba cap obstacle en el partit per fer el moviment. En Maragall hi troba una resistència aferrissada. La seu del carrer de Nicaragua és com un castell que dispara contra Maragall.

J.M. Maragall té oposició des de la federació de Barcelona. I quan peta, plega per confrontació amb el seu partit a la ciutat.

J.B.C. Ciutadans pel Canvi genera també recels. Montilla, que era el secretari d’organització del moment, diu: “No consentirem que Ciutadans pel Canvi sigui la nostra Unió Democràtica”. És una frase que explica moltes coses. Maragall tenia potencial per ser un altre Pujol. Però la seva carrera municipal va ser molt llarga, li va costar molt saltar a l’arena autonòmica. I, sobretot, a Pujol ningú li tus.

JOAN B. CULLA

Articulista, exdirector i presentador de televisió i professor, tant de futurs historiadors com de periodistes. Professor d’Història Contemporània i de Periodisme de la Universitat Autònoma de Barcelona, Joan B. Culla (Barcelona, 1952) ha escrit un reguitzell de llibres quasi sempre sobre la història política d’Espanya. Des del 1981 s’ha habituat a assistir a la major part dels congressos de partits polítics catalans, cosa que li ha permès assumir una perspectiva que no tenen altres analistes polítics. Després d’escriure sobre diversos partits catalans (Unió, el PP o ERC), ara analitza la metamorfosi del sistema de partits catalans. El tsunami serveix per entendre l’evolució dels partits isolats, però també aporta la visió d’un sistema complex, en què cada engranatge compta.

 

JOAN MARCET

Actual professor de Dret Constitucional de la Universitat Autònoma de Barcelona, Joan Marcet (Sabadell, 1950) va ser un veterà polític del PSC, partit del qual va ser diputat al Congrés durant gairebé 22 anys, en set dels quals va ocupar seient a la Mesa, com a vicepresident. Coneix bé el socialisme i també Convergència. El seu llibre Auge y declive de la derecha nacionalistan’és la mostra. Descriu no només el final de la moderació del partit nacionalista, sinó el mateix ocàs de la formació fundada per Jordi Pujol. Al final d’un recorregut històric acurat, Marcet no dubta a descriure la que ell considera la radicalització duta a terme per Artur Mas ni la necessitat de refundar-se per deixar enrere les acusacions de corrupció.

 

Borja BARRAGUÉ, “¿Cuánta desigualdad puede tolerar una democracia?” a Agenda Pública (6-04-17)

http://agendapublica.elperiodico.com/cuanta-desigualdad-puede-tolerar-una-democracia/

El politólogo de Harvard Robert Putnam abre su último libro, Our Kids, con la historia de la ciudad donde creció, Port Clinton (Ohio). A pesar de ser politólogo, el argumento de Putnam es esencialmente histórico y funciona movido por la nostalgia. “La ciudad donde nací era, en la década de 1950, una encarnación aceptable del Sueño Americano”, dice Putnam, “un sitio que ofrecía unas oportunidades decentes a todos los niños de la ciudad, con independencia de su origen social”. Algo más de medio siglo después, Port Clinton se ha convertido, continúa Putnam, “en la pesadilla de la América de las dos velocidades, una comunidad en la que los niños que viven en el lado incorrecto de las vías del tren que parte en dos la ciudad difícilmente pueden imaginar el futuro que les espera a los niños que han nacido en el lado correcto de las vías”. Del Sueño Americano donde las desigualdades económicas son el reflejo de la movilidad social, a la Pesadilla Americana, donde la desigualdad económica refleja la desigualdad de oportunidades de una sociedad estratificada. En apenas 50 años.

Al menos desde el estallido de la crisis financiera en 2008, la desigualdad se ha situado en el centro del debate público. Los politólogos han intervenido en ese debate casi tanto como los economistas, aunque por distintas razones. Mientras que la economía se preocupa por cuánta desigualdad puede absorber un mercado, la ciencia política estudia cuánta desigualdad puede tolerar una democracia. Una de las áreas de investigación más fértiles en los últimos años en el ámbito de la ciencia política empírica ha sido el de las implicaciones políticas del incremento de la desigualdad desde la década de 1970. Se pueden extraer dos conclusiones principales de esa literatura empírica. Primero, que el sentido del voto de los representantes políticos se corresponde mucho mejor con las preferencias políticas de los más ricos que con las de los más pobres. Y segundo, que las preferencias de la gente verdaderamente muy rica difieren significativamente de las de la clase media en ámbitos relevantes como la carga tributaria o las políticas sociales. Sin embargo, muchos de esos trabajos empíricos se centran en el caso estadounidense. ¿Qué sabemos de lo que ocurre en España?

En España, como ocurre en casi todos los países, cada vez más gente reside en (grandes) ciudades –en la Unión Europea tres cuartas partes de la población total vive ya en ciudades. ¿Por qué? La respuesta más habitual son las economías de aglomeración: esto es, las ventajas que surgen cuanto las personas físicas y jurídicas se concentran en torno a un área geográfica. Y, en la línea de la historia que nos cuenta Putnam en Our Kids, resulta que cada vez más las ciudades se están convirtiendo en núcleos de desigualdad y exclusión social. En España, según un estudio de Braulio Gómez y Manuel Trujillo, los barrios con mayores tasas de exclusión social y abstención electoral se encuentran en las grandes ciudades: Madrid (Cañada Real), Sevilla (Polígono Sur), Málaga (Palma-Palmilla) o Barcelona (Torre Baró).

Tabla 1. Ranking de las 10 secciones más abstencionistas en las municipales de 2015

Fuente: Gómez y Trujillo 2016.

Esto es, en las ciudades españolas como en las estadounidenses, a un lado de la carretera –o de las vías, como en la ciudad natal de Putnam– tenemos a familias con jardín, barbacoa, tres coches y piscina que los domingos de elecciones organizan un picnic con sus vecinos para comentar los resultados. Al otro lado de la carretera tenemos a familias viviendo en infraviviendas, enganchadas a la red eléctrica municipal y que los domingos de elecciones no acuden a su colegio electoral porque ni siquiera saben cuál es –porque a sus 50 años no han votado en su vida. Pero, ¿cuál es la razón de esta desafección política? ¿Es solo la situación de pobreza extrema o hay algo más?

En su Bowling Alone, el propio Robert Putnam describía un proceso de pérdida progresiva de interacción humana (capital social) entre los diversos estratos de la sociedad estadounidense. En el Port Clinton de la década de 1950, los niños iban juntos a clase, iban juntos al parque e iban juntos a la bolera. Con independencia de su clase social. Pero ahora eso se ha perdido. Y según el estudio de Gómez y Trujillo, lo mismo está pasando en España. Los ciudadanos de algunos barrios de Barcelona van a colegios y universidades (muy) caras, tienen trabajos (muy) bien remunerados y los domingos de elecciones llenan las urnas. Los del barrio que queda al otro lado de la carretera abandonan de forma (muy) temprana el colegio, tienen (muy) altas tasas de desempleo y nunca incluyen sus preferencias en el sistema democrático. Las ciudades están llenas, más llenas que nunca, pero las urnas están vacías. Bueno, en realidad sólo las de los barrios que quedan en el lado incorrecto de la carretera.

Sheri BERMAN, “El fascismo no era sólo odio” a Letras Libres (18-04-17)

http://www.letraslibres.com/espana-mexico/politica/el-fascismo-no-era-solo-odio

Una analogía recorre Estados Unidos: la analogía del fascismo. Es prácticamente imposible (fuera de ciertos sectores de la propia derecha) intentar entender la derecha resurgente sin que se la describa como –o se compare con– el fascismo de entreguerras del siglo XX. Como el fascismo, la derecha resurgente es irracional, estrecha de miras, violenta y racista. Eso dice la analogía y hay algo de verdad en ella. Pero el fascismo no se volvió poderoso simplemente apelando a los instintos más oscuros de los ciudadanos. De manera crucial, el fascismo también abordaba las necesidades sociales y psicológicas de los ciudadanos, de su protección frente a los estragos del capitalismo en una época en que otros actores políticos ofrecían poca ayuda.

Los orígenes del fascismo se encuentran en una promesa de proteger al pueblo. A finales del siglo XIX y comienzos del XX, una aceleración de la globalización destruyó comunidades, profesiones y normas culturales mientras generaba una oleada de inmigración. Aparecieron movimientos de la derecha nacionalista que prometían proteger a la gente de la influencia perniciosa de extranjeros y de los mercados, y personas asustadas, desorientadas y desubicadas respondieron. Esos tempranos movimientos fascistas perturbaron la vida política en algunos países, pero se filtraron mientras hervían a un fuego relativamente lento hasta la Segunda Guerra Mundial.

La Primera Guerra Mundial había devastado Europa, matando a dieciséis millones de personas y mutilando a otros veinte millones, aplastando economías y sembrando el caos. En Italia, por ejemplo, el periodo de posguerra combinó una alta inflación y desempleo, así como huelgas, ocupaciones de fábricas, tomas de tierra y otras formas de descontento social y violencia. Los gobiernos italianos liberales de la posguerra no lograron abordar de manera adecuada estos problemas.

Benito Mussolini y su Partido Nacional Fascista (PNF) irrumpieron en ese espacio, beneficiándose del fracaso o ineficacia de las instituciones, partidos y élites existentes, y ofreciendo una mezcla de políticas “nacionales” y “sociales”. Los fascistas prometían impulsar la unidad nacional, priorizar los intereses de la nación por encima de los de cualquier grupo particular y promover la estatura internacional de Italia. Los fascistas también llamaban al deseo de los italianos por una seguridad social, solidaridad y protección de las crisis capitalistas. Prometían restaurar el orden, proteger la propiedad privada y promover la prosperidad, pero también proteger a la sociedad de la recesión económica y las disrupciones. Los fascistas subrayaban que la riqueza aparejaba responsabilidades igual que privilegios, y que debían administrarse para el beneficio del país.

Esos llamamientos permitían que los fascistas tuvieran el apoyo de casi todos los grupos socioeconómicos. Italia era un país joven (fundado en la década de 1860), presa de profundas divisiones regionales y sociales. Al afirmar que servían a los mejores intereses de toda la comunidad nacional, los fascistas se convirtieron en el primer verdadero “partido del pueblo” en Italia.

Tras llegar al poder, los fascistas italianos crearon círculos recreacionales, grupos de estudio y grupos juveniles, actividades deportivas y excursiones. Estas organizaciones impulsaron los objetivos fascistas de construir una verdadera comunidad nacional. El deseo de fortalecer una identidad nacional (fascista) también obligaba al régimen a extraordinarias medidas culturales. Promovía arquitectura pública, exposiciones artísticas y producciones radiofónicas y cinematográficas espectaculares. Como dijo un fascista: “No puede haber ningún interés económico que esté por encima de los intereses económicos generales del Estado, ninguna iniciativa económica individual que caiga bajo la supervisión y regulación del Estado, ninguna relación de las diferentes clases del país que no sea competencia del Estado.” Esas políticas mantuvieron la popularidad del fascismo hasta finales de los años treinta, cuando Mussolini se alió con Hitler. Fue solo la participación del país en la Segunda Guerra Mundial, y el paso del régimen italiano hacia una idea más claramente “racialista” del fascismo, lo que comenzó a hacer impopular al fascismo italiano.

El fascismo italiano se distinguía de su contraparte alemán de maneras importantes. La más notable quizá fuera que el antisemitismo y el racismo eran más innatos en la versión alemana. Pero el fascismo italiano y el alemán también compartían similitudes importantes. Como Italia, Alemania era un “nuevo” país (formado en 1871), presa de divisiones profundas. Tras la Primera Guerra Mundial, Alemania se encontró cargada con unas punitivas condiciones de paz. Durante la década de 1920, experimentó violentos levantamientos, magnicidios, invasión extranjera y una célebre Gran Inflación. La respuesta del gobierno, y de otros actores políticos, sin embargo, también debe recordarse. Por distintas razones, los gobiernos conservadores de la época y sus oponentes socialistas favorecían primariamente la austeridad como respuesta de la crisis. Así llegó una oportunidad de oro para el fascismo.

El Partido Nacionalsocialista Obrero Alemán (NSDAP) de Hitler prometió servir a todo el pueblo alemán, pero la visión alemana fascista del “pueblo” no incluía a los judíos ni a otros “indeseables”. Prometían crear una “comunidad popular” (Volksgemeinschaft) que superaría las divisiones del país. Los fascistas también decían que lucharían contra la Depresión y contrastaban su activismo en nombre del bienestar del pueblo con la tibieza y austeridad del gobierno y los socialistas. En las elecciones de 1932, esos llamamientos a proteger al pueblo alemán contribuyeron a que los nazis se convirtieran en el mayor partido político, y el que tenía la base socioeconómica más amplia.

Cuando, en enero de 1933, Hitler se convirtió en canciller, los nazis iniciaron rápidamente programas de creación de puestos de trabajo e infraestructuras. Exhortaron a las empresas a que aceptaran trabajadores, y repartieron el crédito. La economía alemana reflotó y las cifras de desempleo mejoraron dramáticamente: el desempleo en Alemania cayó desde casi 6 millones a principios de 1933 a 2,4 millones a finales de 1934; en 1938, Alemania disfrutaba esencialmente del pleno empleo. A finales de la década de los treinta, el gobierno controlaba decisiones sobre la producción económica, las inversiones, los salarios y los precios. El gasto público crecía espectacularmente.

La Alemania nazi siguió siendo un país capitalista. Pero también llevó a cabo una intervención estatal en la economía que carecía de precedentes en las economías capitalistas. Los nazis también apoyaban un extenso estado de bienestar (por supuesto, para alemanes “de etnia pura”). Incluía educación superior gratuita, ayudas familiares y para los hijos, pensiones, asistencia sanitaria y un conjunto de opciones de entretenimiento y vacaciones. Todas las esferas de la vida, incluyendo la economía, debían quedar subordinadas al “interés nacional” (Gemeinnutz geht vor Eigennutz), y el compromiso fascista de incrementar la igualdad y la movilidad social. Las reformas meritocráticas radicales no es algo que venga a la cabeza cuando pensamos en medidas características de los nazis, pero, como señaló una vez Hitler, el Tercer Reich había “abierto un camino para que cada individuo cualificado –sean cuales sean sus orígenes– alcance lo más alto si está cualificado, es dinámico, industrioso y decidido”.

En buena parte por estas medidas, hasta 1939 la experiencia de la mayoría de los alemanes con el régimen nazi era probablemente positiva. En apariencia los nazis habían conquistado la depresión y habían restaurado estabilidad económica y política. Mientras pudieran demostrar su “pureza” étnica y se mantuvieran alejados de las muestras abiertas de deslealtad, los alemanes experimentaban típicamente el nacionalsocialismo no como una tiranía y terror, sino como un régimen de reformas y entusiasmo social.

No hay duda de que la violencia y el racismo eran rasgos esenciales del fascismo. Pero para la mayor parte de los italianos, alemanes y otros fascistas europeos, su atractivo no se basaba en el racismo, mucho menos en la limpieza étnica, sino en la capacidad de los fascistas para responder de forma efectiva a las crisis del capitalismo cuando otros actores políticos no podían hacerlo. Los fascistas insistían en que los Estados podían y debían controlar el capitalismo, que el Estado debía y podía promover el bienestar social, y que las comunidades nacionales debían ser cultivadas. En último término, la solución fascista era, por supuesto, peor que el problema. En respuesta al horror del fascismo, en parte, los demócratas del New Deal en Estados Unidos, y los partidos socialdemócratas en Europa, también se pusieron a renegociar el contrato social. Prometieron a los ciudadanos que controlarían el capitalismo y aportarían políticas de bienestar social y que emprenderían otras medidas para fortalecer la solidaridad nacional, pero sin la pérdida de libertad y democracia que entrañaba el fascismo.

La lección para el presente es clara: no puedes ganarle a algo solo con nada. Si otros actores políticos no presentan soluciones más atractivas a los problemas del capitalismo, el atractivo popular de la derecha resurgente continuará. Y entonces la analogía con el fascismo y el colapso democrático de los años de posguerra podría resultar más relevante todavía de lo que es ahora. ~

Alain BERGOUNIOUX, “La vertu, le bruit et la fureur …” a Telos (15-04-17)

http://www.telos-eu.com/fr/la-vertu-le-bruit-et-la-fureur.html

Nous vivons un « moment Mélenchon » comme le disent les médias. Faut-il en être surpris ? Cela avait été, pourtant, déjà le cas en 2012 dans les dernières semaines de la campagne. Il est vrai, à un niveau moindre, 14-15 % des intentions de vote, avant un résultat final moindre. Mais le niveau, aujourdhui, est plus haut, 18-19 %. Il crée une incertitude sur les qualifications au second tour.

On en voit les causes clairement. Pourquoi la France ne connaîtrait-elle pas les mêmes phénomènes qui se produisent, parallèlement dans les Pays dEurope du Sud, lEspagne avec Podemos, lItalie avec le mouvement « Cinq étoiles », la Grèce avec Syriza, le Portugal également ? Notre privilège, si l’on peut dire, est que nous éprouvons aussi une poussée forte de l’extrême droite. Il y a un terrain commun à tout cela, les fractures de nos sociétés, avec des inégalités trop fortes, sociales, culturelles, territoriales, avec des politiques qui ne paraissent pas avoir suffisamment de prise sur le réel et une colère contre la corruption, les « affaires », qui trahit un monde fait de connivences et de mépris de la loi commune. On ne dira jamais assez, de ce point de vue, le mal fait par François Fillon qui, par son attitude, a corroboré l’extrême défiance actuelle dans lopinion vis-à-vis de la politique. La division des socialistes et leurs incertitudes, en France mais également en Espagne, a laissé place à une nouvelle offre politique, à gauche, qui reconstitue à gauche un néo-communisme, et crée un centre, avec le mouvement En Marche.

Jean-Luc Melenchon nest donc pas là par un concours de circonstances. Il est temps de considérer avec sérieux ce qu’il propose et ce qu’il représente. Cette préoccupation est un peu trop tardive. Car les cartes sont sur la table depuis longtemps. Le programme de la « France insoumise », L’avenir en commun, est disponible depuis la fin de l’année 2016. Les essais, théorisant son positionnement, L’Ere du Peuple, Le Hareng de Bismark, Qu’ils sen aillent tous, etc. depuis plus longtemps. Et peu ont mené des critiques argumentées prenant la peine de lire les textes. Henri Weber a été bien seul, chez les socialistes, pour mener cette confrontation.

Il est dit, souvent, que Jean-Luc Melenchon propose une « rupture », comme François Mitterrand en 1981. Il est vrai que le Président socialiste fait partie de son panthéon revendiqué. Et l’on peut, effectivement, retrouver, les éléments du Programme commun de gouvernement de 1972 et des « 110 propositions » de 1981 : nationalisations, planifications, autogestion sont des termes que l’on retrouve, peu ou prou, en écho dans la structure du programme. Il parle plutôt, cependant, aujourdhui, de « pôles publics » et de « réquisitions dentreprise », de « planification écologique », de « démocratie citoyenne ». Mais, en fait, ce qui est avancé est beaucoup plus brutal que ce qui était pensé dans les années 1970 et mis en œuvre en 1981. Dabord par la hausse massive de la dépense publique, au total environ 200 milliards deuros. Alors que la « relance » de 1981 était dun montant inférieur à celle pratiquée par Jacques Chirac en 1975… L’accroissement de la fiscalité n’a pas non plus de mesure commune (environ 85 milliards d’impôts nouveaux) avec celle de 1981. Et, surtout, François Mitterrand, et cela avant le dit « tournant » de 1983, était profondément européen. Il avait même joué de sa possible démission, en 1973, pour contraindre son parti, en pleine période du programme commun, à poursuivre la construction européenne. Or, là, avec Jean-Luc Melenchon, il sagit bien, comme le souligne justement Benoît Hamon, de sortir effectivement de lEurope. Car vouloir mettre dans la négociation avec l’Allemagne et la plupart des autres pays européens la fin de l’indépendance de la Banque Centrale européenne, c’est vouloir dire simplement qu’il n’y aura pas de négociations sérieuses… Et ne parlons pas de la politique étrangère, qui, après 1981, veillait à un équilibre, repris du Général de Gaulle, sans complaisance aucune envers Moscou, comme l’a montré l’intervention de François Mitterrand dans la crise des « euro-missiles », en mars 1983 : « Les missiles sont à l’est, les pacifistes sont à l’ouest ». Se revendiquer de François Mitterrand demanderait, pour le moins, de ne pas se contenter dune image pieuse et de prendre en considération lentièreté d’une action politique

Mais cela Jean-Luc Melenchon le sait pertinemment. S’il propose des politiques qui s’inscrivent en faux contre l’essentiel de l’action de François Mitterrand, en tout cas, explicitement depuis 1983, c’est qu’il n’a pas ni les mêmes convictions politiques, ni les mêmes références idéologiques. Et, à côté de l’analyse concrète des 83 engagements, avec des centaines de mesures avancées, il vaut la peine de voir les fondements théoriques et culturels du « système » Melenchon. Il est composite, inévitablement, avec des apports différents au fil des années, mais il est tout à fait clairement structuré.

Le dernier livre récemment publié, De la vertu, en mars, offre une première clef de compréhension. Ce clin d’œil à Robespierre ne veut pas dire quil en fait un modèle. Mais il y a une conviction en commun avec nombre des révolutionnaires de 1793 que le « monde est radicalement neuf ». « L’histoire nest pas notre code », disait Rabaut Saint Etienne… L’homme est, de part en part, un être social qui peut et doit reconnaître l’intérêt général. Cela explique la volonté de construire une « société vertueuse ». On connaît les apories historiques de ce constructivisme. Son intention humaniste incontestable (et il y a d’ailleurs de belles pages dans cet ouvrage sur la liberté de conscience, le droit à mourir dans la dignité, la fraternité, etc.) peut être (et a été) contredite par la volonté d’apprendre aux citoyens d’être vertueux malgré eux… l’autoritarisme n’est alors pas très loin face aux contradictions du réel.

Le second fondement des convictions politiques de Jean-Luc Melenchon vient et ce nest pas surprenant du marxisme. De formation trotskyste, il en a la culture et en épouse la critique fondamentale du capitalisme. Il développe donc une triple dénonciation, aux sources mêmes de l’œuvre de Marx, avec une critique sociale, le scandale des inégalités, une critique morale, la condamnation de « l’argent-roi », une critique rationnelle, la mauvaise utilisation des forces productives, que les nécessités d’un développement durable aujourd’hui, ravivent. Il n’est, alors, pas surprenant que l’entreprise soit l’objet de la plus grande méfiance : il faut la surveiller, la contrôler, la ponctionner, voire la réquisitionner. L’ancien mirage d’une économie planifiée est, toujours, à l’arrière plan – sans qu’à aucun moment, dans ses livres, pourtant nombreux, Jean-Luc Melenchon n’ait fait l’inventaire raisonné des échecs de l’URSS, de la Chine de Mao ou plus proche de nous, du Cuba de Castro ou du Venezuela de Chavez qui a conduit à un pays riche à être, aujourd’hui, exangue… Au fond, c’est parce qu’il n’a jamais fait sienne la culture authentique de la social-démocratie européenne telle qu’elle s’est définie, à partir des années 1930, après la rupture fondamentale sur la question de la violence avec le communisme léniniste… et trotskyste. L’apport propre, en effet, de la social-démocratie a été de comprendre et dexpliquer que la démocratie politique et l’économie de marché ont deux légitimités propres et quelles doivent trouver un équilibre pour le bien même des sociétés. Leur bilan peut être, certes, critiqué, mais elle n’en a pas moins présidé aux sociétés les moins malheureuses dans l’histoire et la géographie humaine. Jean-Luc Melenchon a appartenu à un gouvernement socialiste, avec Lionel Jospin venu lui-aussi de la même organisation trotskyste, mais il n’a pas admis, comme son Premier ministre, au vu de l’histoire du XXème siècle, que le socialisme démocratique ne pouvait pas être un mode de production propre. D’où les nostalgies, qui peuvent séduire, parce qu’elles permettent de se venger du réel, mais qui en l’escamotant amène à de graves (et douloureux) mécomptes pour les peuples.

Mais, la troisième donnée – et peut être la plus importante actuellement – pour comprendre la stratégie de Jean-Luc Melenchon et sa force de séduction, est plus récente. Elle vient d’un populisme assumé et revendiqué politiquement. L’Amérique latine est à l’arrière fond. Les essais de Ernest Laclau et de Chantal Mouffe (voir, notamment Hégémonie et stratégie socialiste. Vers une politique démocratique radicale, 2009) inspirent Jean-Luc Melenchon comme Pablo Iglesias, la figure dominante de Podemos en Espagne. Il sagit, recyclant des concepts gramsciens, de constituer un « bloc historique populaire », dépassant les notions de droite et de gauche, qui sappuie sur les mobilisations sociales et culturelles. Il est illustratif que Jean-Luc Mélenchon n’utilise plus ces notions, à la différence de 2012 où il se présentait comme le leader du « Front de Gauche ». Il a réussi, aujourdhui, à neutraliser les communistes, conscients pour beaucoup de leur marginalisation, et qui nen peuvent mais, et à attirer une part de socialistes. Ce ne sont plus les partis qui comptent, mais le lien que crée le leader avec le mouvement. La stratégie suivie en Espagne, au moment des élections municipales, par Podemos, qui sest fondu dans des alliances avec des associatifs, des écologistes, des communistes, est caractéristique. Evidemment, les contradictions ne sont pas minces et apparaissent assez rapidement dès que la question du pouvoir est réellement posée. Podemos sest déchiré sur ce débat dans son dernier congrès de février 2017. La réalité démocratique de ces mouvements est, également sujette à caution. Les débats sont multiples mais la centralisation du pouvoir n’en est pas moins une réalité, comme le montrent tous les régimes d’Amérique Latine de ce type. Il sagit  de conquérir les institutions pour les subvertir, en utilisant (vieille référence aux « journées » de la Révolution française) l’intervention populaire pour peser sur les élus et les révoquer si besoin est. La proposition phare du programme, L’Avenir en Commun, de convoquer immédiatement une Assemblée constituante, dès l’élection présidentielle achevée, dont on ne dit pas les objectifs, est caractéristique de cette ambivalence, réminiscence, des anciennes conceptions du « double pouvoir ».

Tout cela – malgré la part de « bricolage » idéologique que créent ces différentes inspirations – dessine, malgré tout, un « système » de pensée. On aurait tort de ne pas y consacrer le temps nécessaire pour la réfutation. Il y a, eu déjà, trop de légèreté, dans les années passées, à ne pas prendre au sérieux le débat idéologique et culturel, pour continuer les mêmes erreurs. L’appel à la « vertu » de 2017 ne doit pas cacher le « bruit et la fureur » de 2012

 

Jean-Louis BOURLANGES, “La folle election” a Telos (20-04-17)

http://www.telos-eu.com/fr/la-folle-election.html

Les Français vivent un moment très particulier de leur histoire, celui d’une élection devenue folle. Comme si ce que les gens de l’Action française appelaient jadis le « bonneteau démocratique » menaçait de devenir la loi de la République.

Entre le 23 avril et le 7 mai, tout peut arriver en France. À la faveur d’un premier tour parfaitement aléatoire qui met aux prises quatre compétiteurs dont les scores se rapprochent dangereusement mais dont aucun ne paraît représenter beaucoup plus qu’un cinquième du corps électoral, se profile une finale mutilatrice qui risque, à l’heure du choix décisif, de laisser sur le bord de la route, quasiment hors circuit, une solide moitié du corps électoral. Que Marine Le Pen et François Fillon demeurent en lice et c’est toute la gauche, modérés et extrémistes confondus, qui se trouve exclue, une demi-France soudain hors jeu qui n’a d’autre pouvoir que d’arbitrer entre ce qui ne serait à ses yeux que la scarlatine et le choléra. Que ce soient en revanche les deux héros de la France populiste et extrémiste, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui sortent du lot, et c’est toute la France raisonnable et modérée, celle de la droite et de la gauche de gouvernement, qui disparaît des écrans radar du second tour et qui abandonne le terrain au face à face exclusif de la chimère et de la haine. De manière symétrique, un second tour à la papa entre Fillon, l’homme de la droite classique, et Macron, le porte-parole d’une gauche affable et assagie, si elle réjouirait l’âme des nostalgiques du bon vieux « quadrille bipolaire » cher à Maurice Duverger, n’en laisserait pas moins en chemin une France en colère, vindicative et mal dans sa peau, mais désormais sans doute majoritaire dans le pays. Seul un duel Macron-Le Pen permettrait de placer au coeur d’un débat de second tour à peu près significatif, la double opposition de la droite et de la gauche d’un côté, et des France de l’ouverture et de la fermeture de l’autre. Une chance sur quatre ! La pioche est incertaine.

Le résultat final risque de ce fait d’être quelque peu frustrant pour une large partie de nos concitoyens. Marine Le Pen serait battue dans tous les cas de figure. Elle ne tangenterait la victoire que dans une seule hypothèse, celle d’une confrontation avec François Fillon. C’est assurément une bonne nouvelle pour les amis de la liberté et de la raison. Mais ça n’en laissera pas moins sans boussole ni vraie représentation ce qui est devenu le premier parti de France. Jean-Luc Mélenchon, soutenu par trois Français sur cinq, devrait sortir largement victorieux d’un duel tant avec Marine Le Pen qu’avec François Fillon. Ce serait alors pour le pays l’embardée fatale, un basculement dans la chimère et l’irresponsabilité qui reléguerait dans un stérile exil intérieur l’essentiel des forces vives et raisonnables de la nation. On relèvera au passage la témérité des dirigeants et des journaux d’une droite obstinée à défendre en la personne de François Fillon ce qui est pour elle le plus vulnérable des candidats possibles. Seule l’élection d’Emmanuel Macron serait de nature à placer à la tête du pays une personnalité qui ne serait pas a priori rejetée par la moitié de la population. Et encore ne devrait il ce privilège qu’à son souci d’échapper non seulement à l’affrontement princeps de notre vie publique, l’affrontement droite gauche, mais aussi à toutes les prisons partisanes, PS ou LR, qui occupent – et défigurent? – le paysage politique traditionnel. Comme s’il fallait désormais être hors système pour être représentatif !

La déconstruction sauvage de la république gaullienne à laquelle nous assistons aujourd’hui trouve son origine première dans un décalage difficilement gérable entre le principe majoritaire qui préside sans partage à notre système électoral et l’irrésistible fragmentation de notre paysage idéologique et partisan. La balkanisation des cœurs et des esprits s’accommode de plus en plus mal du manichéisme institutionnalisé et de la confrontation bipolaire obligatoire.

Le système dans lequel nous vivons est doublement et impitoyablement majoritaire. Il l’est à la fois à la présidentielle et aux législatives. Et cette gémellité des modes de scrutin contribue puissamment à faire des secondes une simple réplique de la première. Un scrutin majoritaire, c’est un scrutin qui donne la victoire, c’est-à-dire tout le pouvoir, au candidat, arrivé en-tête, même si celui-ci n’est en fait vraiment désiré que par un tiers, un quart, ou même un cinquième (comme Chirac en 1995 et en 2002) des électeurs. Il y a donc un risque, inhérent au système, celui de faire élire un homme ou une femme qui, bien qu’arrivé en tête, soit rejeté par une très large majorité d’électeurs et ne dispose donc pas d’une légitimité suffisante pour diriger le pays. Imaginons que le mode de scrutin présidentiel ne comporte qu’un seul tour et qu’en 2002, au lieu d’arriver de talonner Jacques Chirac, Jean-Marie Le Pen fût arrivé en tête, il eût été élu Président de la République, alors même qu’il était rejeté, le second tour l’a montré, par plus de 80% de nos concitoyens. Ce risque est d’autant plus grand que le nombre de candidats de force comparable est élevé et que le vainqueur de la compétition ne recueille de ce fait qu’une fraction très marginale des suffrages exprimés.

Pour conjurer ce risque, on a inventé le scrutin à deux tours. Au premier tour, on vote pour le candidat selon son cœur, « on choisit ». Au second tour, on vote contre le candidat dont on ne veut pas, « on élimine ». Ainsi le vainqueur est il à la fois celui que le plus d’électeurs souhaitent, au premier tour, et celui que le moins d’électeurs rejettent, au second. Pour que ça fonctionne, il faut que le pays soit principalement divisé en deux camps, la droite et la gauche, qui disposent, l’une et l’autre, d’une certaine cohésion et qui sacrifient au second tour leurs divergences internes sur l’autel d’une solidarité supérieure avec leur camp. Le premier tour permet aux électeurs de chaque bord de désigner le candidat de leur camp qui affrontera au second tour celui du camp d’en face. À droite on choisissait, comme en 1981, entre le candidat du RPR et celui de l’UDF, par exemple Valéry Giscard d’Estaing ou Jacques Chirac ; à gauche on choisissait entre le socialiste, François Mitterrand, et le communiste, Georges Marchais. Au deuxième tour, on arbitrait entre Mitterrand et Giscard. C’était le « quadrille bipolaire » décrit par Maurice Duverger. Cela fonctionnait pour les deux types de scrutin, la présidentielle, bien sûr, et dans une large mesure, les législatives.

Aujourd’hui, toutefois, le système ne fonctionne plus. Il est détraqué. Pourquoi ? Cela ne marche plus car le pays n’est pas divisé en deux mais en trois ou en quatre : l’affrontement droite gauche n’a pas disparu mais il se double d’un affrontement tout aussi dur et potentiellement violent entre la France ouverte et la France fermée. Il oppose donc, d’un côté, la droite traditionnelle et le Front National, et de l’autre, l’extrême gauche de Mélenchon et la gauche libérale de Macron. Dans une telle configuration, le système électoral aboutit à un second tour qui ne joue plus son rôle, celui de permettre l’affirmation d’un authentique second choix, le choix d’un candidat qui, pour n’être pas celui de son cœur, n’en est pas moins quelqu’un avec qui on partage vraiment des valeurs et des attentes. Dans cette hypothèse, plus de la moitié de le la France se retrouve au second tour sans candidat dans lequel se reconnaître. Il y a bien un vainqueur mais, comme on l’a vu depuis vingt ans, il engage au plus un Français sur quatre et, cette fois-ci, on pourrait faire mieux encore : porter à l’Elysée un homme ou une femme des confins, un extrémiste qui serait regardé comme totalement illégitime par l’immense majorité de nos concitoyens.

Aux législatives, on peut avoir également des résultats erratiques et imprévisibles à la faveur de triangulaires (ou même de quadrangulaires) entre des partis profondément divisés, triangulaires ou quadrangulaires qui peuvent donner à l’un d’entre eux une majorité de rencontre démesurée en dépit d’une avance en voix limitée, et hasardeuse dans la mesure où elle dépend d’abord du nombre des compétiteurs en lice : il suffit d’être en tête au premier tour, pour rafler la mise.

La décomposition du système politique est à la fois la cause et l’effet du dérèglement du système électoral, mais peu importent les responsabilités respectives de la poule et de l’œuf : il y a péril en la demeure.

Les solutions ne sont pas évidentes car le mal réside dans la division, la fragmentation du pays et la décomposition du paysage politique et même du tissu social. Le mode de scrutin n’est que l’accompagnateur et, si j’ose dire, l’aggravateur, d’un malaise autrement plus profond.

Sur le plan parlementaire, les améliorations sont relativement aisées à concevoir. Il faut introduire une forte dose de proportionnelle dans le mode de scrutin législatif afin que toutes les grandes sensibilités du pays soient équitablement représentées à l’Assemblée Nationale. Il faut en même temps maintenir une prime majoritaire au parti et à la coalition de partis arrivés en tête afin d’inciter les partis de gouvernement à s’associer et à coopérer au lieu de se déchirer. Face à la proportionnelle, on brandit toujours la menace de l’instabilité et du retour à la IVe République sans voir que nos institutions arment fortement le gouvernement et le mettent en mesure de résister à l’Assemblée grâce, entre autres, au 49.3, au droit présidentiel de dissolution, au pouvoir réglementaire, et au vote bloqué. La Ve République peut encaisser le choc d’un retour contrôlé à la proportionnelle.

Pour ce qui est du scrutin présidentiel, le problème est autrement plus ardu. Il n’y a pas moyen de changer de régime électoral, sauf à remettre en cause le principe de l’élection directe par les Français, ce qui est difficilement concevable. Certes, un chercheur comme Michel Balinski a mis au point une formule particulièrement ingénieuse visant à substituer le classement des candidats à la brutalité du choix au profit de l’un d’entre eux. Ce système dit de « jugement majoritaire » aurait le grand mérite de prendre en compte les deux pulsions légitimes qui doivent guider l’électeur : le désir du candidat préféré et le rejet du candidat redouté. Malheureusement, le dispositif imaginé par Michel Balinski est infiniment trop complexe pour être compris et approuvé par l’opinion.

Reste alors l’option du rééquilibrage des pouvoirs au détriment du chef de l’État et au profit du Premier ministre et du gouvernement responsables devant le Parlement. Ce serait sinon la VIe République du moins la Ve bis. Comme en Autriche ou au Portugal où le président est là aussi élu au suffrage universel. Nous n’en sommes pas là, loin s’en faut, mais il y a fort à parier qu’une telle inflexion s’imposerait de facto si l’un des candidats les moins consensuels comme Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon devait accéder à l’ Élysée et ne disposait d’aucune majorité à l’Assemblée. La victoire de l’extrémisme serait ainsi l’instrument paradoxal d’un retour sauvage au parlementarisme. Étonnant, non ?

 

 

“Oportunismo ‘torie’ y encrucijada laborista: cuatro miradas sobre las elecciones anticipadas en el Reino Unido” a eldiario.es/The Guardian (18-04-17)

http://www.eldiario.es/theguardian/estrategico-Theresa-May-elecciones-anticipadas_0_634487281.html

La primera ministra británica, Theresa May, ha sorprendido este martes a la oposición y a los medios de comunicación con el anuncio de la convocatoria anticipada de elecciones en Reino Unido para el 8 de junio. May ha mencionado la negociación sobre el Brexit como el motivo principal de su decisión: “Con un Parlamento dividido no podemos afrontar las negociaciones con la UE. Necesitamos consenso”. Este es el primer análisis de los columnistas de the Guardian. 

Buenas noticias para los laboristas

Por Simon Jenkins

Habitualmente, cuando  un primer ministro convoca elecciones anticipadas tan solo dos años después de obtener la mayoría, es porque su situación es débil. Pero la de Theresa May no ha parado de reforzarse. El caso es que su gobierno está dominado por el Brexit. La fase de intentar convencer con el Brexit duro se está acabando y está empezando una fase más delicada de compromiso. La realidad es que habrá que suavizarel Brexit mes a mes.

Los tories a favor del Brexit duro, esos que raramente asisten a la cámara, están sin embargo preparados para socavar al equipo de May. Para inspeccionar desde el Parlamento las negociaciones día a día. May tampoco puede confiar en el apoyo de una oposición sumida en el caos, así que sus tácticas están en continuo riesgo. Necesitará todo el apoyo leal que pueda reunir. A esto se añade una indiscutible falta de legitimidad para llevar adelante políticas personales, como ha ocurrido con la iniciativa de los institutos segregados por nivel académico, que ya le está pasando factura al partido.

Si unas elecciones no pudieran mejorar la delgada mayoría de May, acudir a las urnas podría parecer imprudente. Pero con un liderazgo en las encuestas (publicadas el pasado fin de semana) en torno al 20%, unas elecciones son muy atractivas. sería imprudente rechazarlas. Aunque la respuesta de los ciudadanos a unas terceras elecciones en dos años será un grito de queja, al menos la campaña será corta.

Para los laboristas, las noticias son buenas. Unas elecciones bajo el mandato de Jeremy Corbyn serán, seguro, dolorosas. Pero para otoño, su  triste coqueteo con la izquierda obsoleta debería haber acabado. Entonces puede amanecer una nueva era bajo un nuevo líder.

Una decisión que responde a los intereses de May, no a los del país

Por Sonia Sodha

A pesar de las innumerables manifestaciones que hemos escuchado de Theresa May desde el pasado verano afirmando que no habría elecciones anticipadas, quizá la verdadera sorpresa es el tiempo que le ha llevado anunciar esta convocatoria. Cuanto más nos metemos en su liderazgo, más se complican las cosas. Se avecinan momentos económicos adversos: probablemente veamos cómo la inflación y el coste de vida siguen aumentando, dañando así los salarios.  Los hospitales continuarán luchando por superar la creciente demanda y veremos más historias sobre escuelas en circunscripciones conservadoras considerando soluciones drásticas como abrir solo cuatro días a la semana como resultado de los recortes presupuestarios.

Y cuanto más duren las conversaciones sobre el Brexit, más vulnerable será May frente a los euroescépticos intransigentes de su partido que afirman que no ha cumplido. La primera ministra acaba de comprar dos años extra antes de que se consulte al país sobre un Brexit negociado por ella.

Pero no hay que equivocarse, esta es una decisión tomada de acuerdo a sus propios intereses y no a los del país. May se ha enfrentado a muy poca oposición real por parte de un Partido Laborista que ha estado languideciendo en las encuestas durante los últimos meses. La única y triste pregunta que se hace el Partido Laborista es cuántos escaños perderá y en qué situación quedará Jeremy Corbyn. ¿Dimitirá u optará por aferrarse a su puesto como ya ha hecho en el pasado?

Una cosa está clara, estas elecciones no darán un mandato claro sobre las varias posibilidades para el Brexit: esto es imposible cuando las opciones son una primera ministra conservadora que ensalza el Brexit duro y un Partido Laborista que está completamente dividido en este asunto. La campaña electoral estará, sin duda, dominada por la retórica política de división de los últimos meses. Estoy impaciente.

May ha mancillado su propio estilo

Por Martin Kettle

Al hablar desde Downing Street, Theresa May parecía el presidente autoritario de Turquía, Recep Tayyip Erdoğan. Dadme la autoridad sin restricciones para hacer el Brexit como yo quiero, dijo. Cualquier intento de interponerse en mi camino es perturbador y frívolo. Así que dadme el poder para actuar en nombre del pueblo, contra cualquier interferencia del Parlamento. No es una comparación halagüeña. May ha mancillado su propio estilo.

May ha actuado como un primer ministro que puede convocar elecciones. Pero hay un problema, pequeño pero importante: no puede hacerlo. Debe atenerse a la Ley de Mandato Fijo Parlamentario, aprobada por la coalición. Esto significa que necesita que el Parlamento vote mañana una disolución, por una mayoría de dos tercios. Esto significa, a su vez, que la oposición, si quiere, puede detener estas elecciones.

Pero eso no sucederá. El Partido Liberal Demócrata, con sólo nueve escaños, votará a favor de la convocatoria a elecciones con la esperanza de agrandar su base en el Parlamento. El Partido Nacional Escocés también votará a favor. La posición del Partido Laborista es crucial. Pero como Jeremy Corbyn está preparando al partido para la posibilidad de elecciones anticipadas desde su triunfo de septiembre de 2016, es improbable que se oponga, sin importar el daño que estas elecciones le puedan hacer al Laborismo.

Y una cosa más. Unas elecciones el próximo 8 de junio serían elecciones con las limitaciones actuales, eligiendo a 650 parlamentarios con mandato, en principio, hasta 2022. Uno de los efectos de menor envergadura de esta decisión es que todo lo que han hablado los conservadores y los laboristas sobre la retirada de sus parlamentarios quedará en la nada de un plumazo.

Nunca pensé que sentiría pena por Jeremy Corbyn, pero eso siento hoy

Por Matthew d’Ancona

El discurso de Theresa May fue sorprendente por muchas razones, pero principalmente por dos. Primero, llama la atención que haya hablado sin reparos en primera persona, como si no quisiera dejar lugar a dudas de que estas elecciones generales anticipadas servirán para decidir sobre su autoridad personal, tanto dentro del Gobierno como en las negociaciones con la UE.

Segundo, dijo más de una vez que tomó la decisión con renuencia. Con esto no impedirá que la oposición le acuse de dar un giro de 180 grados, lleno de cinismo y por razones puramente políticas. Pero, de todas formas, le creo.

La primera ministra sencillamente no tiene la espontaneidad en su ADN. A ella le gusta lo que su equipo llama políticas consultivas y deliberativas, es decir, procesos organizados, planificaciones, evaluaciones pacientes. Le molestan los que improvisan, los aventureros del Parlamento que no se preparan con tiempo y no hacen los deberes.

Así que debe haber hecho falta convencerla de llegar a este punto. Pero hay momentos en que la lógica inexorable vence a los mejores planes. La posición del laborismo en los sondeos es mala, a nivel histórico. Los conservadores están gobernando con una mayoría peligrosamente estrecha, una posición débil para negociar con los 27 países de la UE de los que nos vamos a separar. Si no se hace ahora, ¿entonces cuándo?

Evidentemente es una opción inteligente convocar elecciones anticipadas que pueden resultar, según las esperanzas de May, en un gobierno conservador más fuerte que legitime la autoridad de la primera ministra. Una victoria así eliminaría la posibilidad de un segundo referéndum y cerraría la discusión sobre si el electorado realmente quiere salir del mercado común. Estas elecciones serían una validación de May, de su versión del Brexit y de su visión del país. Nunca pensé que sentiría pena por Jeremy Corbyn, pero eso es lo que siento hoy.

 

 

Carmen CHATO, “¿Tiene oportunidad la izquierda en Alemania?” a Es Global (10-04-17)

https://www.esglobal.org/oportunidad-la-izquierda-alemania/

Los alemanes deben decidir en los próximos meses si siguen con una política continuista o si cambian el rumbo político del país. ¿Cuáles son las opciones de los partidos de izquierda en Alemania?

Alemania será la última de las potencias económicas de la Unión Europea en acudir a los colegios electorales en este año 2017. Tras Holanda y Francia, los 61,5 millones de alemanes que pueden ejercer el voto podrán decidir entre dar la reválida a Angela Merkel o apostar por un cambio.

Los democristianos de la CDU buscan un cuarto mandato que haría que la canciller estuviera en el poder hasta 2022. Sin embargo, aunque en las encuestas de intención de voto se mueve en torno a un holgado 35%, políticas como la migratoria y la crisis de refugiados o la económica, con una bajada del crecimiento de la economía, están suponiendo un quebradero de cabeza para las aspiraciones de una Angela Merkel que ha gobernado desde 2005 de manera ininterrumpida. Mientras, el partido de corte racista y eurófobo Alternativa por Alemania (AfD, en sus siglas en alemán), que irrumpió en la arena política en 2013, muestra en las encuestas que hasta un 10% de la población estaría dispuesta a apoyar su discurso xenófobo.

El horizonte de las elecciones federales se perfila en un lejano 24 de septiembre. Ante ellas, las opciones reales que la izquierda tiene para ocupar escaños en el Bundestag son las tradicionales: el Partido Socialista (SPD), la Izquierda (Die Linke) y Los Verdes (Die Grünen). ¿Cuál es su posición de salida?

Schulz, ¿esperanza para la socialdemocracia europea?

Aunque Martin Schulz no es ni mucho menos un desconocido de la política alemana, su regreso a la arena nacional ha producido desde una eclosión entusiasta hasta un recelo causado por su posible desconexión de la agenda local. Desde 1994, año en que fue por primera vez elegido para ocupar un escaño en la Eurocámara, el político alemán ha desarrollado su carrera profesional en Bruselas, ocupando en los últimos años (2012-2016) la presidencia del Parlamento Europeo (PE). Como uno de los máximos representantes de la Unión, se ha fraguado una imagen de hombre europeísta, de consenso y defensor de la justicia social como enfoque necesario para salir de la crisis que azota a Europa desde varios frentes. Una imagen pública que se refuerza cuando su historia personal aflora para apoyar el storytelling político. Europeísta convencido, refuerza esta idea con el hecho de que se criara en Würselen (Renania), ciudad alemana a escasos kilómetros tanto de la frontera holandesa como de la belga. Allí, un joven Schulz sin estudios abrió una librería y se centró en superar sus propias crisis. Afiliado al SPD desde los 19 años, se dedicó a la política municipal primero como concejal y luego como alcalde, convirtiéndose en uno de los más jóvenes de Alemania, antes de levantar el vuelo y apostar por Europa.

Cuando en noviembre del pasado año anunció que no se iba a presentar a una tercera elección para el PE (es el único presidente que ha estado cinco años en el cargo), este movimiento se consideró como el paso previo para volver a jugar en casa, veinte años después de abandonarla. El efecto Schulzes, a estas alturas de la carrera hacia el Bundestag, un término recurrente en el análisis mediático de este nombramiento. Y no es para menos puesto que está consiguiendo acercarse, al menos en la intención de voto, a la canciller Merkel. Con poco -o casi nulo- desgaste en la política doméstica, Martin Schulz parece estar llamado a ser el líder que reflote el socialismo alemán y la socialdemocracia europea. Un llamamiento que se ve reforzado no solo en esta nominación sino también en su elección para ser el presidente del SPD, apoyado por el 100% de los afiliados, una circunstancia novedosa en los 153 años de la socialdemocracia alemana.

Pero, a pesar de este expediente sin aparente borrón, Martin Schulz va a tener que hacer frente a una dura travesía, no solo con el CDU como rival natural, sino también dentro de sus propios votantes como opción que se sitúa más cercana al centro dentro del espectro de izquierdas.

En busca del tiempo perdido

Schulz va a tener que lidiar con una crisis de identidad del SPD y recuperar a los votantes que abandonaron el apoyo a la formación para apostar por alternativas como Die Linke (La Izquierda). Una época compleja que comenzó en 2005 con la derrota de Gerhard Schröder y su tercera vía, aquella que se postulaba entre el neoliberalismo y el socialismo clásico. Al igual que otras formaciones de centroizquierda europeas, el declive de los apoyos al SPD vino acompañado por luchas de poder internas, teniendo la formación hasta seis dirigentes distintos. En estos años, la estabilidad de la CDU se fue asentando con la figura de líder fuerte personalizada en Angela Merkel, única dirigente del partido democristiano en este mismo periodo de tiempo.

Además de esta falta de liderazgo, Schulz tiene también que enfrentarse a la herencia de la controvertida Agenda 2010, paquete de medidas que fueron el comienzo del fin del canciller Schröeder. Lo que sus detractores llaman socioliberalismo”, esta agenda se puso en marcha en 1998 para hacer frente a la globalización y al nuevo mercado laboral surgido de este nuevo orden económico, político y social. La apuesta estrella del por entonces líder del SPD se saldó con una oposición feroz de los sindicatos y de los sectores más a la izquierda del partido, que denunciaron un endurecimiento de la legislación laboral que desembocó en una precarización de los empleos, una presión desmesurada sobre los desempleados y una liberalización del mercado laboral. Sin embargo, sus defensores afirman a día de hoy, que gracias a estas reformas Alemania pudo sortear mejor la crisis de 2007 y afrontar la Gran Recesión de una manera más competitiva que sus vecinos europeos.

Sea como fuere, Martin Schulz es consciente de que esta Agenda 2010” alcanza la definición de tabú entre los socialistas alemanes y, aunque considera que algunos puntos de esta se pueden recuperar para su revisión, lo cierto es que se muestra distante de las propuestas de sus antecesores. Así, el nuevo líder y candidato del SPD defiende, al menos en precampaña electoral, un programa político de talante social que incluye la implementación de impuestos que sean favorables a la familia, la igualdad para el matrimonio homosexual o la desaparición de la brecha salarial entre hombres y mujeres.

La coalición de izquierdas

A pesar de este bagaje, las encuestas son favorables al SPD, algo impensable hace unos meses cuando todavía Schulz desempeñaba la presidencia del Parlamento Europeo. Al frente del partido, el ex librero ha conseguido que este se sitúe cada vez más cerca de la CDU de Merkel, con porcentajes de intención de voto que se igualan en torno al 32%.

Ahora el dilema estaría si el SPD, batiendo sus marcas recientes de popularidad, apoya o pacta con la CDU, apostando por una coalición que buscara la estabilidad del bipartidismo en el gigante europeo o si por el contrario se decide por la colación roja-roja-verde, esto es, con Die Linke, que acapara cerca del 8% de los posibles votos, y Die Grünen, otrora formación pionera del ecologismo europeo y cuyo apoyo se muestra a la baja, a cada encuesta, con apenas un 6%. No es nuevo, aún así, que ambas formaciones de izquierda no sean consideradas como una opción mayoritaria en el Bundestag. De hecho, la alianza izquierdista de Die Linke -nacida en 2007 y promovida, entre otros, por el disidente del SPD Oskar Lafontaine- es la heredera de partidos radicales y extremistas de las dos repúblicas prerreunificación. En 2013, obtuvieron 64 escaños, pero han tenido momentos muy bajos como ya pasó en 2002 cuando solo consiguieron 2 representantes en el Parlamento. Además, las salidas de tono de algunos de sus dirigentes, sobre todo en las críticas feroces a la política migratoria de Merkel en la crisis de refugiados y que tildan de demasiado aperturista, le ha costado a la formación un pequeño, pero constante, debate interno. A su vez, la canciller ha devuelto el boomerang comparándolos con la radicalidad y xenofobia de Alternativa por Alemania.

Por su parte, Die Grünen busca volver a tener un nicho electoral claro. El partido, que nació al calor de los movimientos pacifistas, ecologistas y antinucleares de los 70 y que tuvo a la emblemática Petra Kelly como símbolo y líder, ahora ve como los puntos principales de su ideario los absorben partidos como la propia CDU. Las políticas regulatorias de las nucleares tras Fukushima, la política energética del “Energiewendeo el debate abierto sobre la igualdad de género se tamizan en la forma y el fondo, pero hacen que Die Grünen pueda empezar a ser visto como un partido perteneciente a otra época. Las disidencias internas, con críticas a Joshka Fisher y su reconversión en hombre del sistema, no ayudan a que este partido (cuyo pico de representación fueron los 68 escaños federales obtenidos en 2009), recopile más apoyos que los de sus incondicionales.

Si es tiempo o no de un cambio de rumbo de la política en Alemania, solo lo pueden decidir los alemanes con sus votos cuando la empresa de Martin Schulz y el SPD se presenten al examen de las urnas. Por el momento, es la opción conservadora la que han elegido los habitantes del Sarre en los comicios regionales y que supone el 1% del censo electoral alemán. Allí, el partido de la actual canciller ha recibido el 41% de los votos, mientras que el SPD se ha desinflado, respecto a las perspectivas nacionales, con un 30% de apoyo. En septiembre se verá si Alemania apuesta por una nueva etapa o si por contrario, el continuismo pragmático de la CDU con Merkel se impone.

 

 

Enric JULIANA, “La sordidez que no cesa” a La Vanguardia (20-04-17)

http://www.lavanguardia.com/politica/20170420/421852322651/la-sordidez-que-no-cesa.html

Ignacio González fue uno de los más feroces adversarios de Mariano Rajoy en la primavera del 2008. Después de perder por segunda vez ante José Luis Rodríguez Zapatero, a Rajoy le querían echar. Coaguló durante unos meses en Madrid un frente de rechazo capitaneado por Esperanza Aguirre, tutelado por José María Aznar, jaleado por Pedro J. Ramírez y Federico Jiménez Losantos, asistido espiritualmente por el cardenal Rouco Varela. En ese mejunje estaba Ignacio González, entonces número dos de la Comunidad de Madrid. Fue él quién más se encaró con Rajoy en algunas reuniones del comité ejecutivo del partido. González ya era entonces un hombre poderoso en Madrid. Tenía en sus manos resortes acaudalados. Tenía en sus manos el Canal de Isabel II, la ubérrima sociedad de aguas de Madrid. Rajoy logró resistir. Resistir, resistir, resistir. La crisis económica puso el Gobierno de España en sus manos y las tornas cambiaron. Rajoy había ganado la partida a la derecha castiza de Madrid.

En otro momento, la detención del siniestro González habría significado un alivio para el presidente del Gobierno. Ahora, le complica la vida. El resistente Rajoy ha mejorado su posición en la Unión Europea, tiene el pleno apoyo de alemanes y franceses, la economía crece en las estadísticas, la aprobación del presupuesto del 2017 parece posible, el PSOE sigue noqueado y el soberanismo catalán podría llegar a perderse en el interior de su propio laberinto. El lunes de Pascua, cuando Madrid volvió a ponerse en marcha, la única oposición era el autobús de Podemos.

En tres días la dirección del viento ha cambiado. Los jueces deciden que Rajoy preste declaración como testigo del caso Gürtel y el cadáver político de Ignacio González irrumpe con estrépito. El relato del Partido Popular está arruinado. El PP no logra salir del marco de la corrupción. Sus agarraderos son la demanda de estabilidad que viene de Europa, la inanidad del PSOE y el laberíntico jaleo de Catalunya. Madrid olía ayer a azufre, como en otoño del 2014, cuando se destaparon las tarjetas black. Un enfado cósmico recorre de nuevo España, sin que nadie esté en condiciones de articular una moción de censura en el Congreso. El autobús de Podemos domina el paisaje y la candidatura de Pedro Sánchez no es una broma.

 

 

Conversa entre Joan B.CULLA i Joan MARCET al “Quadern” de El País (13-04-17): “Política: treballs de reforma”

http://cat.elpais.com/cat/2017/04/12/cultura/1492030588_963707.html

És només un símptoma de la situació en què es troba la política, però quin símptoma. Preguntat Joan Marcet 21 anys de diputat al Congrés sobre les seves espatlles, més de tres com a vicepresidentsobre si satreviria ara a fer carrera de (suposat) servidor públic, la seva resposta no deixa espai a lequívoc. No”. És meridià. Han canviat els temps, han canviat els partits. Abans havies pres consciència i t’anaves a afiliar a una ideologia. Avui en dia, afiliar-se a un partit polític és un acte d’heroisme”. Mentre que Catalunya viu el moment més enrevessat de la seva història moderna, pendent de si es farà una pregunta, l’activitat política no passa pel seu millor moment. L’última enquesta del Centre dEstudis d’Opinió de la Generalitat revelava la insatisfacció amb la política i els polítics” com el principal problema per als catalans, malgrat l’atur i les seves 558.000 víctimes al Principat (dades de l’EPA del quart trimestre del 2016).

Joan B. Culla i Clarà no és gaire més optimista. Quan veus gent jove que safilia els has de dir chapeau o pensar que busquen feina, perquè els partits shan convertit en una carrera laboral, en una sociedad de socorros mutuos, explica aquest historiador que va disseccionar en sengles llibres Unió Democràtica, el Partit Popular i Esquerra Republicana, i que, recentment sha atrevit a sintetitzar el tumultuós canvi de l’ecosistema polític català en el que ha denominat El tsunami (Pòrtic). Davant seu, Marcet estrena també obra, Auge y declive de la derecha nacionalista (Catarata). En el seu cas se centra en un partit, Convergència Democràtica, potser una mitjana aritmètica del que han patit els vells partits: entre la jibarització del PSC i la desaparició d’Unió. Tots dos títols es trepitgen com aquesta conversa que mantenen en un despatx de la Universitat Autònoma de Barcelona, d’on són professors. Intenten aportar llum al que ha succeït en un horitzó partidista difícil de reconèixer i de futur encara més incert.

No és només una qüestió de percepció ciutadana que mostren els sondejos a peu de carrer. Només es tracta dapropar-se a algunes de les seus on es va cuinar la Catalunya contemporània i trobar-se el cartell de rehabilitació integral”, en reformeso el d’“en venda” i començar a brollar preguntes.

Pregunta. Comparteixen l’opinió que els partits tenen una funció ara daixoplugar gent que té intenció de viure de la política. Això ha allunyat la gent?

Joan Marcet. Tal com estan considerats per la ciutadania i tal com veiem la seva estructura i utilització, es fa molt més difícil aquesta inèrcia d’afiliació a una opció política, sigui la que sigui. Les funcions que complien històricament els partits s’han anat difuminant i la seva gran funció s’ha convertit en el reclutament de personal.

Joan B. Culla. Repasses determinades biografies i veus que aquesta gent no ha tingut una carrera professional aliena a la política. És inquietant. Què faran si perden el paraigua de la política? Mostra l’esclerosi del sistema de partits. Hi ha gent que busca protecció, perquè, malgrat que no surtis en una llista electoral, alguna cosa et buscaran.

Pregunta. I a la vegada, els partits shan convertit en paràsits de les administracions públiques?

J.B.C. Sí, s’han transformat perquè han anat parasitant, colonitzant, les administracions. El PSC desembarca el 1979 als ajuntaments que venien del franquisme, i que tenien unes estructures petites, amb un nombre de funcionaris limitat. Aquestes estructures comencen a créixer. Convergència arriba el 1980 a una administració, la Generalitat, que no era res. Doncs és això: els uns i els altres fan créixer les administracions, cosa que permet la colonització partidista, col·locant milers i milers de persones, amb què es creen unes xarxes clientelars. I quan va haver-hi canvis de governs, doncs determinades estructures es van doblar per col·locar els seus.

J.M. A diferència dels països amb tradició democràtica, els partits van anar consolidant i canviant la visió de lAdministració i es va defugir de construir una estructura reglada.

Pregunta. La gent de carrer sha hagut dadonar de tot plegat. Com ha influït aquesta utilització de les institucions públiques en la desafecció i en el canvi del sistema de partits?

J.B.C. No em sembla determinant la desafecció. La cultura sociopolítica ho té tan interioritzat des de fa més dun segle que ningú diu ja Quin escàndol!”. Potser entre les joveníssimes generacions és diferent.

J.M. A mi em sembla que tampoc aquest procés genera desafecció. Això també passa amb l’empresa privada. En els últims vuit anys aquesta forma de saltar a lAdministració s’ha frenat i s’han objectivat els criteris per entrar, cosa que ha aturat la cultura de col·locar la gent pròpia.

Pregunta. Quins són els motius daquesta gran explosió que ha canviat del tot el tauler descacs, doncs?

J.M. Evidentment n’hi ha diversos. Però dos són fonamentals. Un és lentrada en la crisi econòmica, que comporta una crisi social i una crisi política, que en el cas de Catalunya està situada en lentorn de tot el que anomenem el procés. Ha incidit sobre tots els partits polítics. Després hi ha hagut altres elements. Als socialistes, per exemple, els ha marcat la crisi de la socialdemocràcia.

J.B.C. Comparteixo aquestes dues explicacions globals, però com a número dos i número tres. Per a mi, la primera raó és molt més genèrica, i no és altra que el desgast, la fatiga de materials, que té a veure amb la corrupció i que ha afectat sobretot els dos partits que des de 1977 i 1980 han tingut un paper cabdal de paret sustentadora de ledifici: PSC i CiU. En una màquina, les peces que es desgasten més i que s’han de substituir són les que treballen més. Si mires Iniciativa, el PP o ERC, no han sofert cataclismes.

Pregunta. Catalunya sempre ha tingut un sistema més atomitzat. Però, tot i tenir els ous més repartits per cistelles, ha viscut en cinc anys una destrossa total.

J.M. El rush final és laparició d’aquesta proposta que es diu procés, que incideix en cadascun dels partits.

J.B.C., el terreny ja estava estovat per unes pluges torrencials i per uns huracans que són les primeres causes.

J.M. Alguns situen, crec que de forma errada, l’inici de tot en la sentència del Tribunal Constitucional que retalla lEstatut, però ja portàvem unes etapes importants. El procés de radicalització de Convergència és anterior, perquè ja hi ha hagut una etapa duríssima, entre el 2000 i el 2004, dun senyor que es deia José María Aznar, que anava a destrossar tot allò que es mogués. Després, s’obren escletxes en l’etapa 2003, que comença amb el Govern del Tripartit i la reforma de l’Estatut, i això semblava que ho apaivagaria, però l’esclat de la crisi ja ho acaba d’ensorrar tot.

J.C.B. Si ens posem a buscar els orígens daquesta radicalització que desembocarà en el procés, podem dir que José María Aznar va ser una gran fàbrica d’independentistes. Un cabreig que a la tardor del 2003 explica en gran mesura la derrota de Convergència.

J.M. Convergència havia estat aliada des del principi i fins i tot quan no tenia cap necessitat, perquè el PP tenia majoria absoluta. Ells sí que necessitaven el PP, i aquell va ser el problema.

J.B.C. El moment en què Convergència és enviada a loposició, pel Pacte del Tinell, s’afavoreix la seva radicalització, perquè qui està al Govern llavors és Esquerra.

J.M. I es comença a veure la competència per espais polítics en bona part coincidents: els de CDC i una Esquerra que ha començat a créixer. Això facilita un intent de recuperació d’espai, que és quan Mas comença la seva proposta de Casa Gran del Catalanisme, del dret a decidir…

J.B.C. Està set anys fora del Govern i ha estat desallotjada per ERC. La reacció de Convergència és: per evitar que se’ns mengin amb l’argument que els convergents som uns tebis en matèria de catalanisme, hem de girar el to. No sabem què hauria passat si CDC hagués continuat governant amb ERC.

J.M. Els precedents dels anys vuitanta són el contrari: la fagocitació d’ERC per part de Convergència.

J.B.C. Jo sostinc que la decisió estratègica de la cúpula d’ERC de dir que han de pactar amb el PSC i Iniciativa si sumen es decideix dos anys abans de les eleccions.

J.M. Els set anys a l’oposició de CDC serveixen per recautxutar el partit a loposició amb uns elements nous.

J.B.C. Llavors, les restes del roquisme, si se’n pot dir així, comencen a rondinar i…

J.M. I diuen que s’està anant per un camí que no és el seu. Com Lluís Recoder [exalcalde de Sant Cugat del Vallès i exconseller de Territori i Sostenibilitat de la Generalitat], que acaba plegant veles.

Pregunta. Com afecta la imposició de leix nacionalista per carregar-se el sistema de partits?

J.M. És evident que afecta. Sempre hi ha hagut dos eixos. Alguns partits han apostat perquè l’eix important fos el d’esquerra-dreta, i altres han preferit l’identitari. CDC ha buscat mantenir l’ambigüitat en l’eix ideològic.

J.B.C. Durant molts anys va ser un gran èxit de CDC. Crec que, amb la irrupció del procés, lhegemonia del procés s’ha imposat clarament, però a CDC també li ha portat conseqüències molt negatives, perquè abans es podia moure en lambigüitat de l’eix ideològic: som de centredreta, de centreesquerra, liberals. Això li permetia aplegar centenars de milers de vots que no eren ni nacionalistes. Quan leix identitari es radicalitza i passa de ser catalanista-espanyolista a convertir-se en independentista-unionista, aquests centenars de milers de votants que apostaven per CDC com a partit d’ordre se’n van. I ara un dels problemes del seu successor, el Partit Demòcrata Europeu Català (PDeCAT) és que un partit que vulgui ser a la vegada d’ordre i independentista és una contradicció immensa. La demanda més subversiva que ha pogut haver-hi a Catalunya és la independència. És molt difícil construir un discurs i un marc ideològic amb aquesta pretensió.

J.M. La mateixa existència de Ciutadans ve donada per lexistència d’aquest eix identitari, i no per l’ideològic. Són un exemple dhaver sorgit trobant un discurs de contraposició.

J.B.C. Ciutadans neix com una escissió del PSC, més que altra cosa. Són una sèrie d’intel·lectuals, entre cometes, que constaten que el Govern de Pasqual Maragall fa una política identitària igual o més contundent que la de CDC.

J.M. En aquest nucli inicial havien dipositat les seves esperances que el PSC refaria bé aquest terreny. Però ni el PSC del Maragall ni l’orgànic volen fer aquest paper. I alguns surten del PSC i altres es recullen a Ciutadans.

Pregunta. I la CUP també s’explica per l’eix identitari?

J.M. Ui! La CUP és més complicada.

J.B.C. La CUP és l’emergència a la superfície, tot i que ja existia com a sopa de sigles barallades entre si i autoanomenades lesquerra independentista.

J.M. Però allò s’ha anat estenent amb base municipal, amb gent del món de la Catalunya interior que han vingut a fer-se intel·lectualment a Barcelona i que després tornen, cosa que no havia passat mai.

J.B.C. La CUP comença a arrelar a les municipals del 2007, l’any següent que ERC fes el segon Tripartit, que per als votants dERC és molt més difícil de pair que el primer, bàsicament pel factor Montilla. No és tan fàcil fer president José Montilla que Pasqual Maragall. Però hi ha moltes altres raons: esquerranisme, anticapitalisme… És una mica lefecte Podem en el conjunt de lEstat.

Pregunta. I arribem als comuns…

J.M. Es planteja de quina manera buscar un recanvi en l’alternativa d’esquerres de Catalunya. La creació d’aquest partit té un avantatge, que és un lideratge fort duna persona com és Ada Colau, dotada dun olfacte i un carisma que no es veuen avui dia. En un primer moment eludeixen el tema independentista sortint per la tangent: amb la reivindicació del dret a decidir per a tot.

J.B.C., sorgeix sobretot per leix ideològic, però no es pot ignorar l’altre eix, l’independentista. I la Colau té un aparador formidable, que és lAjuntament de Barcelona, per sortir-se’n.

Pregunta. El sorgiment dels nous partits pot tenir a veure que en temes de corrupció, per exemple, els partits clàssics s’han anat amagant les vergonyes entre ells, tot i el discurs públic…

J.B.C. Parlant de corrupció com a fórmula de finançament irregular de partits, ningú pot anar a mort contra ningú perquè dels grossos tots han pecat. Quan va esclatar el cas Filesa, després duna trobada amb Miquel Roca, li vaig preguntar: Fareu gaire sang al Congrés?”. I se’m queda mirant i em diu: Gens ni mica”. Em va sorprendre la seva rotunditat.

J.M. El PSC ha purgat una cosa que no el beneficiava directament, que era el PSOE. Les altres coses que apareixen daquest partit ja són personals, el cas Bustos, Bartomeu Muñoz… En canvi, en el cas de CDC arrosseguem massa anys aquest rum-rum, aquesta sospita que hi ha un finançament irregular.

J.B.C. Quan un representant del PP li demana explicacions a Mas pel cas Palau, Mas ho té tan fàcil com un nen de dos anys. No sé si el PP és gaire enèrgic amb la corrupció de CDC, però no podria dir gaire cosa.

EL PUJOLISME I EL MARAGALLISME, ELS ÚLTIMS MOVIMENTS

En la mesura que els partits s’han anat aprimant, han perdut l’esforç de fer equilibris interns. I les noves formes de la política, que shan jugat més a les pantalles de la televisió que a les places i els mercats, han afavorit els hiperlideratges. Des de Felipe González a Jordi Pujol.

J.M. Pujol és l’únic que fa per crear un moviment polític que superi el partit. El pujolisme anava més enllà de les estructures de partit.

J.B.C. I va funcionar. Hi ha molta gent que era pujolista però no del partit.

J.M. Pasqual Maragall també superava les fronteres del partit, però no és comparable.

J.B.C. Crec que la diferència principal entre el pujolisme reeixit com a moviment i el maragallisme no reeixit és que Pujol, que ha parit CDC i la controla totalment, no troba cap obstacle en el partit per fer el moviment. En Maragall hi troba una resistència aferrissada. La seu del carrer de Nicaragua és com un castell que dispara contra Maragall.

J.M. Maragall té oposició des de la federació de Barcelona. I quan peta, plega per confrontació amb el seu partit a la ciutat.

J.B.C. Ciutadans pel Canvi genera també recels. Montilla, que era el secretari d’organització del moment, diu: No consentirem que Ciutadans pel Canvi sigui la nostra Unió Democràtica”. És una frase que explica moltes coses. Maragall tenia potencial per ser un altre Pujol. Però la seva carrera municipal va ser molt llarga, li va costar molt saltar a l’arena autonòmica. I, sobretot, a Pujol ningú li tus.

JOAN B. CULLA

Articulista, exdirector i presentador de televisió i professor, tant de futurs historiadors com de periodistes. Professor d’Història Contemporània i de Periodisme de la Universitat Autònoma de Barcelona, Joan B. Culla (Barcelona, 1952) ha escrit un reguitzell de llibres quasi sempre sobre la història política d’Espanya. Des del 1981 sha habituat a assistir a la major part dels congressos de partits polítics catalans, cosa que li ha permès assumir una perspectiva que no tenen altres analistes polítics. Després descriure sobre diversos partits catalans (Unió, el PP o ERC), ara analitza la metamorfosi del sistema de partits catalans. El tsunami serveix per entendre levolució dels partits isolats, però també aporta la visió d’un sistema complex, en què cada engranatge compta.

 

JOAN MARCET

Actual professor de Dret Constitucional de la Universitat Autònoma de Barcelona, Joan Marcet (Sabadell, 1950) va ser un veterà polític del PSC, partit del qual va ser diputat al Congrés durant gairebé 22 anys, en set dels quals va ocupar seient a la Mesa, com a vicepresident. Coneix bé el socialisme i també Convergència. El seu llibre Auge y declive de la derecha nacionalistan’és la mostra. Descriu no només el final de la moderació del partit nacionalista, sinó el mateix ocàs de la formació fundada per Jordi Pujol. Al final d’un recorregut històric acurat, Marcet no dubta a descriure la que ell considera la radicalització duta a terme per Artur Mas ni la necessitat de refundar-se per deixar enrere les acusacions de corrupció.

 

Borja BARRAGUÉ, “¿Cuánta desigualdad puede tolerar una democracia?” a Agenda Pública (6-04-17)

http://agendapublica.elperiodico.com/cuanta-desigualdad-puede-tolerar-una-democracia/

El politólogo de Harvard Robert Putnam abre su último libro, Our Kids, con la historia de la ciudad donde creció, Port Clinton (Ohio). A pesar de ser politólogo, el argumento de Putnam es esencialmente histórico y funciona movido por la nostalgia. La ciudad donde nací era, en la década de 1950, una encarnación aceptable del Sueño Americano”, dice Putnam, un sitio que ofrecía unas oportunidades decentes a todos los niños de la ciudad, con independencia de su origen social”. Algo más de medio siglo después, Port Clinton se ha convertido, continúa Putnam, en la pesadilla de la América de las dos velocidades, una comunidad en la que los niños que viven en el lado incorrecto de las vías del tren que parte en dos la ciudad difícilmente pueden imaginar el futuro que les espera a los niños que han nacido en el lado correcto de las vías”. Del Sueño Americano donde las desigualdades económicas son el reflejo de la movilidad social, a la Pesadilla Americana, donde la desigualdad económica refleja la desigualdad de oportunidades de una sociedad estratificada. En apenas 50 años.

Al menos desde el estallido de la crisis financiera en 2008, la desigualdad se ha situado en el centro del debate público. Los politólogos han intervenido en ese debate casi tanto como los economistas, aunque por distintas razones. Mientras que la economía se preocupa por cuánta desigualdad puede absorber un mercado, la ciencia política estudia cuánta desigualdad puede tolerar una democracia. Una de las áreas de investigación más fértiles en los últimos años en el ámbito de la ciencia política empírica ha sido el de las implicaciones políticas del incremento de la desigualdad desde la década de 1970. Se pueden extraer dos conclusiones principales de esa literatura empírica. Primero, que el sentido del voto de los representantes políticos se corresponde mucho mejor con las preferencias políticas de los más ricos que con las de los más pobres. Y segundo, que las preferencias de la gente verdaderamente muy rica difieren significativamente de las de la clase media en ámbitos relevantes como la carga tributaria o las políticas sociales. Sin embargo, muchos de esos trabajos empíricos se centran en el caso estadounidense. ¿Qué sabemos de lo que ocurre en España?

En España, como ocurre en casi todos los países, cada vez más gente reside en (grandes) ciudades –en la Unión Europea tres cuartas partes de la población total vive ya en ciudades. ¿Por qué? La respuesta más habitual son las economías de aglomeración: esto es, las ventajas que surgen cuanto las personas físicas y jurídicas se concentran en torno a un área geográfica. Y, en la línea de la historia que nos cuenta Putnam en Our Kids, resulta que cada vez más las ciudades se están convirtiendo en núcleos de desigualdad y exclusión social. En España, según un estudio de Braulio Gómez y Manuel Trujillo, los barrios con mayores tasas de exclusión social y abstención electoral se encuentran en las grandes ciudades: Madrid (Cañada Real), Sevilla (Polígono Sur), Málaga (Palma-Palmilla) o Barcelona (Torre Baró).

Tabla 1. Ranking de las 10 secciones más abstencionistas en las municipales de 2015

Fuente: Gómez y Trujillo 2016.

Esto es, en las ciudades españolas como en las estadounidenses, a un lado de la carretera o de las vías, como en la ciudad natal de Putnamtenemos a familias con jardín, barbacoa, tres coches y piscina que los domingos de elecciones organizan un picnic con sus vecinos para comentar los resultados. Al otro lado de la carretera tenemos a familias viviendo en infraviviendas, enganchadas a la red eléctrica municipal y que los domingos de elecciones no acuden a su colegio electoral porque ni siquiera saben cuál es porque a sus 50 años no han votado en su vida. Pero, ¿cuál es la razón de esta desafección política? ¿Es solo la situación de pobreza extrema o hay algo más?

En su Bowling Alone, el propio Robert Putnam describía un proceso de pérdida progresiva de interacción humana (capital social) entre los diversos estratos de la sociedad estadounidense. En el Port Clinton de la década de 1950, los niños iban juntos a clase, iban juntos al parque e iban juntos a la bolera. Con independencia de su clase social. Pero ahora eso se ha perdido. Y según el estudio de Gómez y Trujillo, lo mismo está pasando en España. Los ciudadanos de algunos barrios de Barcelona van a colegios y universidades (muy) caras, tienen trabajos (muy) bien remunerados y los domingos de elecciones llenan las urnas. Los del barrio que queda al otro lado de la carretera abandonan de forma (muy) temprana el colegio, tienen (muy) altas tasas de desempleo y nunca incluyen sus preferencias en el sistema democrático. Las ciudades están llenas, más llenas que nunca, pero las urnas están vacías. Bueno, en realidad sólo las de los barrios que quedan en el lado incorrecto de la carretera.

 

Sheri BERMAN, “El fascismo no era sólo odio” a Letras Libres (18-04-17)

http://www.letraslibres.com/espana-mexico/politica/el-fascismo-no-era-solo-odio

Una analogía recorre Estados Unidos: la analogía del fascismo. Es prácticamente imposible (fuera de ciertos sectores de la propia derecha) intentar entender la derecha resurgente sin que se la describa como –o se compare con– el fascismo de entreguerras del siglo XX. Como el fascismo, la derecha resurgente es irracional, estrecha de miras, violenta y racista. Eso dice la analogía y hay algo de verdad en ella. Pero el fascismo no se volvió poderoso simplemente apelando a los instintos más oscuros de los ciudadanos. De manera crucial, el fascismo también abordaba las necesidades sociales y psicológicas de los ciudadanos, de su protección frente a los estragos del capitalismo en una época en que otros actores políticos ofrecían poca ayuda.

Los orígenes del fascismo se encuentran en una promesa de proteger al pueblo. A finales del siglo XIX y comienzos del XX, una aceleración de la globalización destruyó comunidades, profesiones y normas culturales mientras generaba una oleada de inmigración. Aparecieron movimientos de la derecha nacionalista que prometían proteger a la gente de la influencia perniciosa de extranjeros y de los mercados, y personas asustadas, desorientadas y desubicadas respondieron. Esos tempranos movimientos fascistas perturbaron la vida política en algunos países, pero se filtraron mientras hervían a un fuego relativamente lento hasta la Segunda Guerra Mundial.

La Primera Guerra Mundial había devastado Europa, matando a dieciséis millones de personas y mutilando a otros veinte millones, aplastando economías y sembrando el caos. En Italia, por ejemplo, el periodo de posguerra combinó una alta inflación y desempleo, así como huelgas, ocupaciones de fábricas, tomas de tierra y otras formas de descontento social y violencia. Los gobiernos italianos liberales de la posguerra no lograron abordar de manera adecuada estos problemas.

Benito Mussolini y su Partido Nacional Fascista (PNF) irrumpieron en ese espacio, beneficiándose del fracaso o ineficacia de las instituciones, partidos y élites existentes, y ofreciendo una mezcla de políticas nacionales” y sociales. Los fascistas prometían impulsar la unidad nacional, priorizar los intereses de la nación por encima de los de cualquier grupo particular y promover la estatura internacional de Italia. Los fascistas también llamaban al deseo de los italianos por una seguridad social, solidaridad y protección de las crisis capitalistas. Prometían restaurar el orden, proteger la propiedad privada y promover la prosperidad, pero también proteger a la sociedad de la recesión económica y las disrupciones. Los fascistas subrayaban que la riqueza aparejaba responsabilidades igual que privilegios, y que debían administrarse para el beneficio del país.

Esos llamamientos permitían que los fascistas tuvieran el apoyo de casi todos los grupos socioeconómicos. Italia era un país joven (fundado en la década de 1860), presa de profundas divisiones regionales y sociales. Al afirmar que servían a los mejores intereses de toda la comunidad nacional, los fascistas se convirtieron en el primer verdadero partido del pueblo” en Italia.

Tras llegar al poder, los fascistas italianos crearon círculos recreacionales, grupos de estudio y grupos juveniles, actividades deportivas y excursiones. Estas organizaciones impulsaron los objetivos fascistas de construir una verdadera comunidad nacional. El deseo de fortalecer una identidad nacional (fascista) también obligaba al régimen a extraordinarias medidas culturales. Promovía arquitectura pública, exposiciones artísticas y producciones radiofónicas y cinematográficas espectaculares. Como dijo un fascista: No puede haber ningún interés económico que esté por encima de los intereses económicos generales del Estado, ninguna iniciativa económica individual que caiga bajo la supervisión y regulación del Estado, ninguna relación de las diferentes clases del país que no sea competencia del Estado.Esas políticas mantuvieron la popularidad del fascismo hasta finales de los años treinta, cuando Mussolini se alió con Hitler. Fue solo la participación del país en la Segunda Guerra Mundial, y el paso del régimen italiano hacia una idea más claramente racialistadel fascismo, lo que comenzó a hacer impopular al fascismo italiano.

El fascismo italiano se distinguía de su contraparte alemán de maneras importantes. La más notable quizá fuera que el antisemitismo y el racismo eran más innatos en la versión alemana. Pero el fascismo italiano y el alemán también compartían similitudes importantes. Como Italia, Alemania era un nuevo” país (formado en 1871), presa de divisiones profundas. Tras la Primera Guerra Mundial, Alemania se encontró cargada con unas punitivas condiciones de paz. Durante la década de 1920, experimentó violentos levantamientos, magnicidios, invasión extranjera y una célebre Gran Inflación. La respuesta del gobierno, y de otros actores políticos, sin embargo, también debe recordarse. Por distintas razones, los gobiernos conservadores de la época y sus oponentes socialistas favorecían primariamente la austeridad como respuesta de la crisis. Así llegó una oportunidad de oro para el fascismo.

El Partido Nacionalsocialista Obrero Alemán (NSDAP) de Hitler prometió servir a todo el pueblo alemán, pero la visión alemana fascista del pueblo” no incluía a los judíos ni a otros indeseables”. Prometían crear una comunidad popular” (Volksgemeinschaft) que superaría las divisiones del país. Los fascistas también decían que lucharían contra la Depresión y contrastaban su activismo en nombre del bienestar del pueblo con la tibieza y austeridad del gobierno y los socialistas. En las elecciones de 1932, esos llamamientos a proteger al pueblo alemán contribuyeron a que los nazis se convirtieran en el mayor partido político, y el que tenía la base socioeconómica más amplia.

Cuando, en enero de 1933, Hitler se convirtió en canciller, los nazis iniciaron rápidamente programas de creación de puestos de trabajo e infraestructuras. Exhortaron a las empresas a que aceptaran trabajadores, y repartieron el crédito. La economía alemana reflotó y las cifras de desempleo mejoraron dramáticamente: el desempleo en Alemania cayó desde casi 6 millones a principios de 1933 a 2,4 millones a finales de 1934; en 1938, Alemania disfrutaba esencialmente del pleno empleo. A finales de la década de los treinta, el gobierno controlaba decisiones sobre la producción económica, las inversiones, los salarios y los precios. El gasto público crecía espectacularmente.

La Alemania nazi siguió siendo un país capitalista. Pero también llevó a cabo una intervención estatal en la economía que carecía de precedentes en las economías capitalistas. Los nazis también apoyaban un extenso estado de bienestar (por supuesto, para alemanes de etnia pura”). Incluía educación superior gratuita, ayudas familiares y para los hijos, pensiones, asistencia sanitaria y un conjunto de opciones de entretenimiento y vacaciones. Todas las esferas de la vida, incluyendo la economía, debían quedar subordinadas al interés nacional” (Gemeinnutz geht vor Eigennutz), y el compromiso fascista de incrementar la igualdad y la movilidad social. Las reformas meritocráticas radicales no es algo que venga a la cabeza cuando pensamos en medidas características de los nazis, pero, como señaló una vez Hitler, el Tercer Reich había abierto un camino para que cada individuo cualificado sean cuales sean sus orígenesalcance lo más alto si está cualificado, es dinámico, industrioso y decidido”.

En buena parte por estas medidas, hasta 1939 la experiencia de la mayoría de los alemanes con el régimen nazi era probablemente positiva. En apariencia los nazis habían conquistado la depresión y habían restaurado estabilidad económica y política. Mientras pudieran demostrar su pureza” étnica y se mantuvieran alejados de las muestras abiertas de deslealtad, los alemanes experimentaban típicamente el nacionalsocialismo no como una tiranía y terror, sino como un régimen de reformas y entusiasmo social.

No hay duda de que la violencia y el racismo eran rasgos esenciales del fascismo. Pero para la mayor parte de los italianos, alemanes y otros fascistas europeos, su atractivo no se basaba en el racismo, mucho menos en la limpieza étnica, sino en la capacidad de los fascistas para responder de forma efectiva a las crisis del capitalismo cuando otros actores políticos no podían hacerlo. Los fascistas insistían en que los Estados podían y debían controlar el capitalismo, que el Estado debía y podía promover el bienestar social, y que las comunidades nacionales debían ser cultivadas. En último término, la solución fascista era, por supuesto, peor que el problema. En respuesta al horror del fascismo, en parte, los demócratas del New Deal en Estados Unidos, y los partidos socialdemócratas en Europa, también se pusieron a renegociar el contrato social. Prometieron a los ciudadanos que controlarían el capitalismo y aportarían políticas de bienestar social y que emprenderían otras medidas para fortalecer la solidaridad nacional, pero sin la pérdida de libertad y democracia que entrañaba el fascismo.

La lección para el presente es clara: no puedes ganarle a algo solo con nada. Si otros actores políticos no presentan soluciones más atractivas a los problemas del capitalismo, el atractivo popular de la derecha resurgente continuará. Y entonces la analogía con el fascismo y el colapso democrático de los años de posguerra podría resultar más relevante todavía de lo que es ahora. ~